L’Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu’un accord avec les États-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, mais Donald Trump a aussitôt contesté la version rendue publique à Téhéran. Abbas Araghchi a écrit sur X que « le mémorandum d'entente d'Islamabad n'a jamais été aussi proche », alors qu’un haut responsable américain parlait d’une probabilité de 80 à 85 % d’un accord-cadre.
La sortie de vendredi prend un relief particulier parce qu’elle intervient à deux jours du sommet du G7 qui doit commencer lundi à Évian, sur les bords du lac Léman, côté français. Les marchés ont déjà pris position: le pétrole est passé sous la barre des 90 dollars le baril, signe que les opérateurs parient sur une désescalade après des semaines de nervosité.
À Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères a dit à la télévision d’État qu’une entente avait été trouvée sur la plupart des points et qu’une réunion était en cours pour obtenir un consensus entre les instances décisionnelles en Iran. Shehbaz Sharif a lui aussi jugé que « la paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui », donnant à Islamabad le rôle d’un intermédiaire qui pousse les deux camps vers un texte commun, même si la signature éventuelle pourrait être accueillie par la Suisse.
Mais la ligne de fracture reste nette. Donald Trump a écrit vendredi sur Truth Social que « les termes [d'accord] que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit », ajoutant que « ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux il est impossible de négocier de bonne foi ». Ce contraste entre une avancée revendiquée et un désaccord public sur le texte même du mémorandum rappelle d’autres épisodes de confrontation autour de l’Iran, de la reprise des attaques américaines à la fermeture d’Ormuz, où chaque mot compte autant que chaque mouvement militaire.
Le cœur du dossier reste donc ce que contient vraiment le mémorandum d’entente d’Islamabad. Si les deux camps parviennent à le figer, il ouvrirait 60 jours de discussions techniques; s’ils n’y parviennent pas, la promesse d’un accord proche risque de rester un simple signal envoyé aux marchés et aux capitales, juste avant que Trump ne s’installe à Évian pour un sommet où la question iranienne pourrait déjà peser sur l’agenda.

