Jesse Marsch a lancé le compte à rebours du premier match du Canada à la Coupe du monde à domicile en promettant, jeudi à Toronto, que le stade sera rouge vendredi. À la veille de ce rendez-vous historique, le sélectionneur a voulu installer l’idée d’un public entièrement acquis à sa cause.
Ce match attire déjà les recherches parce qu’il s’agit du premier Mondial disputé par le Canada sur son terrain, et parce que l’ambiance autour du stade est devenue un sujet en soi. Dans les rues de Toronto, des maillots de football se mêlaient aux groupes de supporteurs venus de loin, tandis que la couleur rouge que Marsch attendait devait devenir le symbole de la soirée.
Le sélectionneur a insisté sur le lien entre l’équipe et ses supporteurs à domicile. « Chacun de ces garçons est remarquablement Canadien. Ils sont tellement fiers de porter ce maillot, de représenter ce pays, de chanter l’hymne national », a-t-il dit, en rappelant que ses joueurs comptent sur l’élan du public. Pour ce premier match, Alphonso Davies ne jouera pas, Stephen Eustáquio portera le brassard de capitaine et Ismaël Koné est attendu dans le onze de départ.
Koné, lui, a manqué l’entraînement de mercredi parce qu’il ne se sentait pas bien. Marsch a expliqué qu’il n’allait pas en faire une grande affaire, laissant entendre que le milieu canadien devrait tout de même être prêt pour vendredi. C’est un détail concret dans une préparation où la marge d’erreur reste faible, surtout au moment où l’équipe doit aussi composer avec l’absence de Davies.
Mais l’atmosphère autour du stade ne ressemblait pas à une simple répétition du public local que le Canada espère. Avant la conférence de presse, des supporteurs bosniens avaient été aperçus près du stade, et une voiture décorée aux couleurs bleu et jaune de la Bosnie-Herzégovine circulait fenêtres ouvertes, tandis qu’un occupant agitait en silence un petit drapeau bosnien. En ville, un maillot portant l’inscription « Hardcore Bosnians on Tour » a aussi été vu, un contraste visible avec le rouge que Marsch annonce pour les tribunes.
Le Canada sait pourtant ce que signifie jouer devant une foule hostile. L’équipe a déjà affronté des tribunes adverses lors de Gold Cups, puis à la Copa América 2024, où elle a terminé quatrième malgré cette pression. Vendredi, la question ne sera pas seulement de savoir si Toronto peut se teinter de rouge, mais si le premier match mondial du Canada à domicile confirmera que cette équipe peut enfin transformer un grand rendez-vous chez elle en avantage réel.

