Le Parti conservateur du Québec s’oppose au plan du gouvernement qui interdirait la vente de boissons énergisantes aux enfants de moins de 16 ans. Jeudi, à un point de presse, Maïté Blanchette Vézina a tourné la mesure en dérision avec cette formule: « Va-t-on interdire les pamplemousses ? »
La sortie a pris de l’ampleur parce qu’un projet de loi doit être déposé incessamment et que les partis se positionnent déjà. Les libéraux, le Parti québécois et Québec solidaire appuient l’initiative, en invoquant les risques pour la santé des adolescents et l’urgence d’agir avant que le débat ne s’enlise.
Le dossier est chargé depuis la mort de Zachary Miron, en 2024, à l’âge de 15 ans, dans un cas lié à l’interaction d’une canette de Red Bull avec le Biphentin. La première ministre dit avoir rencontré les parents du garçon et soutient que les impacts d’un blocage parlementaire pourraient être tragiques, ce qui donne à la discussion un poids très différent d’un simple débat réglementaire.
Mais les conservateurs refusent de suivre cette ligne. Blanchette Vézina et Éric Duhaime disent qu’il faut davantage de consultation scientifique avant d’aller plus loin, et soutiennent que si le problème est la caféine, le gouvernement ne devrait pas s’en prendre seulement aux boissons énergisantes. Le contraste avec les autres partis est net: Ruba Ghazal affirme que les experts ont déjà été consultés et qu’ils sont unanimes pour bannir ces boissons afin de sauver des jeunes, tandis que Joël Arseneau juge les arguments conservateurs démagogiques.
Le mot pamplemousse a été lancé parce que ce fruit peut interagir avec certains médicaments, mais c’est justement cette comparaison qui a braqué les appuis à la mesure. Au-delà de la boutade, le véritable enjeu est maintenant dans le texte que Québec déposera: la portée exacte de l’interdiction, son calendrier et la façon dont le gouvernement tentera de la faire adopter sans que la bataille ne se transforme en blocage.

