Les États-Unis ont sanctionné jeudi le président cubain Miguel Díaz-Canel, son épouse Lis Cuesta Peraza et trois autres personnes, un geste qui vise directement le sommet du pouvoir à La Havane. Le département du Trésor a déposé ces sanctions, qui gèlent tout bien et tout compte bancaire que les personnes visées pourraient détenir aux États-Unis.
Ce choix tombe au moment où Washington cherche à accentuer la pression sur Cuba, et il explique pourquoi le nom de Díaz-Canel circule de nouveau. Le président cubain, choisi en 2018 pour succéder à Raúl Castro, a été le premier dirigeant de l’île depuis des décennies à ne pas porter le nom Castro. Son mandat a coïncidé avec la pire crise économique et énergétique de l’histoire récente de Cuba, ce qui donne à cette sanction une portée immédiate dans le débat sur l’avenir du régime.
Parmi les autres personnes visées figure Alejandro Castro Espín, ancien conseiller de la Commission de défense et de sécurité nationale de Cuba. Il était présent en mars 2016 lorsque Raúl Castro a accueilli Barack Obama à La Havane, une image qui contraste avec l’isolement actuel du pouvoir cubain. Raúl Alejandro Castro Calis a aussi été inscrit sur la liste, mais le texte ne précise pas combien d’argent ou de biens, s’ils existent, ces personnes possèdent réellement aux États-Unis.
Le durcissement survient alors que Donald Trump a signé un décret élargissant les sanctions contre Cuba et a dit vouloir voir l’île devenir un pays « bien géré ». Il a décrit Cuba comme affamée, sans énergie, sans pétrole et sans argent, puis a ajouté que l’île était « en ruine ». Dans le même mouvement, il a évoqué une « prise de contrôle amicale » si la direction cubaine ouvrait son économie aux investissements américains et expulsait les adversaires des États-Unis.
Ce décalage entre les mots et les actes est au cœur de la campagne menée contre La Havane. Tandis que Trump disait vouloir un pays mieux administré, son administration renforçait les sanctions et poussait un blocus énergétique qui a aggravé les coupures d’électricité, les pénuries alimentaires et l’effondrement économique sur l’île. Marco Rubio a défendu les désignations de jeudi en disant que les personnes visées dirigent ou financent le régime et ses efforts pour mobiliser ses mouvements révolutionnaires radicaux aux États-Unis et dans le monde.
Pour l’instant, la sanction frappe surtout par sa cible: un président en exercice, son épouse et des proches du cercle dirigeant. La suite la plus importante reste ouverte, non pas sur le papier des sanctions, mais dans ce que La Havane fera face à une pression américaine qui se resserre désormais autour de Miguel Díaz-Canel lui-même.

