Nate Beauchemin s’apprête à vivre jeudi à Hamilton un nouveau départ dans l’uniforme des Alouettes de Montréal. Le maraudeur a été inscrit comme partant, et ce changement le place d’emblée au centre d’une décision importante pour la défense montréalaise.
La nouvelle retient l’attention aujourd’hui parce qu’elle tourne autour d’un poste qui a longtemps appartenu à Marc-Antoine Dequoy. Beauchemin, lui, sort d’une saison freinée par une fracture sérieuse du bras gauche, subie au septième match à Calgary. Il a passé 12 semaines à l’écart, et il a reconnu que la répétition des mêmes exercices jour après jour avait été surtout difficile mentalement. « C’est assurément une coche de plus de ce que j’ai pu faire l’an dernier », a-t-il dit avant le départ de l’équipe mercredi.
Le contexte est lourd pour un joueur qui arrive à ce moment précis. En 2024, Beauchemin avait surtout été utilisé sur les unités spéciales, avec seulement une courte période de jeu en défense. Cette fois, il ne s’agit plus d’un simple rôle d’appoint: il a battu Jonathan Sutherland pour une place au camp, avant d’être installé comme partant. Sutherland n’était pas un concurrent ordinaire non plus; le choix de 2023 occupait lui aussi une place de premier plan dans la lutte pour ce poste.
Beauchemin n’a pas donné l’impression de voir cette bataille comme un compte à régler avec Dequoy. Il a dit ne pas ressentir de pression supplémentaire à l’idée de prendre cette place, même s’il sait très bien ce que représente le maillot qu’il s’apprête à porter. « Oui, j’ai une année d’expérience. Mais, quant à mon rôle au sein de l’équipe, ç’a tout l’air d’un nouveau départ », a-t-il dit, ajoutant qu’il croyait que ce serait le point de départ de quelque chose de grandiose.
Il y a aussi, dans son cas, une dimension plus personnelle qui dépasse le simple échange de titulaires. Beauchemin a expliqué qu’un nom francophone le rapproche des gens et qu’il veut représenter la ville, la province et sa culture. Il a rappelé que son grand-père est le dernier Beauchemin du Québec dans sa famille, un lien qui donne une couleur particulière à ce premier vrai test au maraudeur.
Jeudi à Hamilton, la suite dépendra moins du titre sur la feuille de match que de ce qu’il fera une fois sur le terrain. Si Beauchemin s’installe, les Alouettes auront trouvé bien plus qu’un remplaçant temporaire à Dequoy. Ils auront peut-être ouvert un nouveau chapitre à un poste qui n’attendait que d’être redéfini.

