Mark Carney a choisi de ne pas transformer les derniers propos de Donald Trump sur le Canada en crise diplomatique ouverte. Le premier ministre a dit que le Canada n’expulserait pas l’envoyé des États-Unis après les remarques renouvelées de Trump sur l’idée d’un « 51e État ».
Cette réponse tombe au moment où les pourparlers commerciaux entre Ottawa et Washington s’intensifient, ce qui explique pourquoi le dossier est suivi de près aujourd’hui. Les mots de Trump ont aussitôt ravivé la question du Trump 51st State Canada, non pas comme une vieille provocation, mais comme une friction qui arrive précisément pendant une phase où les deux pays cherchent à faire avancer leurs intérêts économiques.
Trump a relancé son message avec une série de formules destinées à pousser la provocation plus loin. Parmi elles: « Canada is in a recession, the USA is not. » Puis: « So logically Canada would be better off as the 51st state. » Un autre message allait encore plus loin: « PLEASE MAKE CANADA INTO THE 51ST STATE!!! AND THEN BRING IN ICE!! DO SOME HOUSE CLEANING!! »
Le débat ne se limite pas à Washington. D’autres messages circulant autour de cette idée ont parlé du Canada comme du « California North », ont dit: « If Canada would become the 51st state they would be the California North and we all know how that’s going », et ont affirmé: « Please take us as your 51st state Alberta is willing to be a proud and strong 51st state ». Ce flot de commentaires donne à la sortie de Carney un relief particulier: il répond à une attaque verbale sans ouvrir un front diplomatique supplémentaire.
Le choix est aussi révélateur de la manière dont Ottawa entend gérer la relation avec Washington au moment où le commerce domine l’agenda. En refusant d’expulser l’envoyé américain, Carney laisse entendre que le Canada veut préserver le canal diplomatique malgré une rhétorique qui, ailleurs, aurait pu provoquer un geste de rupture. La ligne est claire: le pays ne compte pas faire de la surenchère de Trump un incident officiel.
Reste la question la plus sensible pour la suite: si aucun geste n’est pris contre l’envoyé américain maintenant, la prochaine étape se jouera dans les négociations elles-mêmes. Et c’est là que l’épisode pèse vraiment, parce qu’il montre que le bras de fer verbal continue pendant que les discussions commerciales avancent.

