Brendan Gallagher a laissé entendre lundi que son histoire avec le Canadien de Montréal touche à sa fin. Au bilan de fin de saison, l’attaquant de 34 ans a dit qu’il peut encore jouer, qu’il a encore beaucoup à donner, mais qu’il ne s’attend pas à recevoir cette chance à Montréal.
C’est ce qui rendait la scène si chargée. Devant les journalistes, Gallagher a dû s’éloigner quelques instants pour essuyer ses larmes avant de continuer à parler. La pensée de sa mère, morte l’an dernier, l’a visiblement bouleversé, et il a rappelé que le soutien de ses coéquipiers à ce moment-là comptait parmi les souvenirs dont il est le plus fier. Il sait aussi qu’il ne reverra pas ce groupe quand l’équipe se regroupera à Brossard à la fin de l’été pour le prochain camp.
Gallagher n’a pas parlé comme un joueur qui réclame sa sortie immédiate. Il a plutôt décrit un constat qu’il semble déjà avoir intégré: il veut encore contribuer, il sent qu’il en est capable, mais il ne croit pas que cela passera par Montréal. « Je peux continuer à jouer », a-t-il dit en substance, ajoutant qu’il doit se rendre à l’évidence et se trouver une nouvelle maison, un endroit où il pourra rester le joueur qu’il est. Pour un homme qui a porté le Tricolore dans 911 matchs de saison régulière et 79 matchs de séries, le message sonnait comme une transition forcée plus que comme un simple doute.
Cette sortie s’inscrit dans une carrière entièrement bâtie à Montréal depuis 2012, malgré une stature jugée trop petite pour son style de jeu et malgré plusieurs blessures qui ont marqué ses dernières années. Martin St-Louis l’a retiré de l’alignement pour la première fois en mars, et Gallagher n’a joué que trois matchs dans les plus récentes séries, dont les trois derniers de la série contre le Lightning de Tampa Bay. Il a aussi raconté que, lorsqu’il a pensé à ce qu’il avait encore à offrir, il a regretté de ne pas avoir pu le montrer davantage dans ces matchs-là.
Le contrat de Gallagher court encore pour une saison, avec un impact de 6,5 millions de dollars sur la masse salariale, ce qui laisse au directeur général Kent Hughes une décision délicate à prendre. Hughes a dit qu’il traiterait le dossier avec le respect que le joueur mérite, mais il n’a pas précisé quelle forme prendrait la suite. Pour l’instant, le vrai basculement est déjà là: Gallagher parle comme un vétéran prêt à continuer, mais aussi comme quelqu’un qui a compris que son prochain uniforme ne sera probablement pas celui du Canadien.

