Les États-Unis et l’Iran discutent d’un possible accord provisoire qui pourrait inclure la libération de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés, mais rien n’était encore arrêté au moment de la publication. Washington ne veut pas céder sur ses priorités de fond: la réouverture du détroit d’Ormuz et l’arrêt du programme nucléaire iranien.
C’est pour cela que la guerre Iran Etats Unis est de nouveau suivie de près aujourd’hui. La spéculation porte sur une concession très concrète: des fonds bloqués à l’étranger, y compris au Qatar, pourraient être débloqués pour Téhéran, et l’agence iranienne Isna a même évoqué la possibilité que la moitié de cette somme soit accessible dès l’annonce d’un protocole d’accord.
Le montant donne la mesure de ce qui se joue. Plus de 100 milliards de dollars d’avoirs iraniens sont gelés dans le monde, et le débat actuel ne concerne donc pas un simple geste symbolique, mais une part sensible de ressources déjà immobilisées. Dans ce cadre, l’enjeu ne se limite pas à l’argent: l’enrichissement de l’uranium reste l’un des points de friction majeurs entre Washington et Téhéran, tout comme la question de la poursuite du cessez-le-feu.
Justin Massie estime que Donald Trump pourrait avoir du mal à accepter une telle ouverture, parce qu’elle ressemblerait exactement à ce qu’il reprochait à Barack Obama en 2015: donner accès à des avoirs gelés et, au bout du compte, de l’argent à un régime honni par les États-Unis. Pour le politologue, Trump chercherait plutôt à prolonger encore le cessez-le-feu et à garder la discussion ouverte sur l’uranium enrichi, quitte à différer la question financière.
Cette prudence a pourtant sa limite. Massie prévient que si les États-Unis jugeaient l’Iran trop peu enclin à faire des concessions sur l’enrichissement d’uranium, ils pourraient être forcés de reprendre des frappes importantes, un scénario qu’ils veulent éviter. La prochaine étape attendue reste donc l’annonce, ou non, du protocole d’accord: c’est là que l’on saura si Washington accepte réellement d’ouvrir l’accès à ces avoirs gelés, et sous quelles conditions.

