Claude Lemieux est mort à 60 ans, a annoncé jeudi l’Association des anciens de la LNH. Avec lui disparaît l’un des attaquants les plus marquants de l’ère moderne des séries, un joueur capable de peser sur une finale et de laisser une trace chez les Canadiens, les Devils et l’Avalanche.
C’est pour cela que son nom remonte ce jeudi dans les recherches autour de nhl score. Lemieux n’a pas seulement gagné quatre Coupes Stanley. Il a aussi décroché le trophée Conn Smythe en 1995, remporté deux titres avec les Devils du New Jersey, un avec l’Avalanche du Colorado et un avec les Canadiens de Montréal, preuve qu’il a brillé dans des environnements très différents.
Sa carrière donne l’échelle de ce qu’il représentait. En 21 saisons dans la LNH, il a joué 1 215 matchs de saison régulière, inscrit 379 buts et 786 points. En séries, ses 80 buts le placent au neuvième rang de l’histoire de la ligue, et ses 158 points au 27e rang à égalité. Il a aussi accumulé 1 777 minutes de punition en saison régulière et 529 en séries, le troisième total le plus élevé de l’histoire à ce chapitre.
La fin de vie de Lemieux reste, elle, entourée de zones d’ombre. Le bureau du shérif du comté de Palm Beach a indiqué que des députés étaient intervenus tôt jeudi matin à la suite d’une tentative de suicide dans une salle d’exposition de meubles à Lake Park, en Floride, propriété de Lemieux et de son épouse Deborah. Le bureau du médecin légiste du comté de Palm Beach a confirmé sa mort, mais a refusé de communiquer les dossiers, invoquant une disposition du droit floridien qui exclut les cas de suicide des documents publics.
Ce contraste entre le choc de l’annonce et le peu d’éléments rendus publics explique l’attention immédiate portée à sa mort. Geoff Molson a parlé d’une journée sombre pour la famille des Canadiens et pour l’ensemble de la communauté du hockey. Joe Sakic a décrit Lemieux comme un ami loyal sur lequel ses coéquipiers pouvaient compter, et Gary Bettman l’a rangé parmi les plus grands joueurs de grands matchs de l’histoire du hockey.
Sa réputation avait déjà franchi les frontières de son époque de joueur. Après sa retraite en 2009, Lemieux est devenu agent de joueurs dans la LNH, représentant notamment Joel Eriksson Ek, Hampus Lindholm, Moritz Seider et Rasmus Andersson. Lundi encore, il se trouvait à Montréal avant le match 3 de la finale de l’Est entre les Canadiens et les Hurricanes, et Frederik Andersen a résumé le lien qu’il inspirait d’une phrase: « He’s like family. »
Le point qui reste est simple, et il n’est pas encore comblé: les autorités n’ont pas détaillé ce qui a précisément mené à sa mort. Pour l’instant, le fait le plus solide est aussi le plus lourd: un champion des grands rendez-vous, dont le jeu a marqué plusieurs générations, est mort à 60 ans et laisse derrière lui une histoire que le hockey n’a pas fini de mesurer.

