Claude Lemieux est mort à 60 ans, et la LNH a perdu jeudi l’un de ses visages les plus connus en séries éliminatoires. L’Association des anciens de la LNH a confirmé le décès du quadruple champion de la Coupe Stanley, une nouvelle qui a aussitôt ramené son nom au centre du hockey.
La raison pour laquelle son nom circulait déjà avant l’annonce est simple: Lemieux était revenu lundi à Montréal, au Centre Bell, avant le match 3 de la finale de l’Association de l’Est entre les Canadiens et les Hurricanes. Frederik Andersen, qui l’a croisé à cette occasion, a dit de lui qu’il était « like family », un mot qui rappelle à quel point sa présence restait chargée pour ceux qui l’avaient connu sur la glace.
Lemieux a bâti sa carrière sur 21 saisons, six équipes et un sens rare du moment juste. Il a gagné quatre Coupes Stanley, dont deux avec les Devils du New Jersey, une avec l’Avalanche du Colorado et une avec les Canadiens de Montréal. En 1995, il a ajouté le trophée Conn Smythe, remis au joueur par excellence des séries, dans une carrière où il a inscrit 80 buts en séries éliminatoires, au neuvième rang de l’histoire de la LNH, et accumulé 529 minutes de punition en séries, troisième total du circuit.
Ses chiffres en saison régulière disent aussi l’ampleur du personnage: 1 215 matchs, 379 buts, 786 points et 1 777 minutes de punition. Lemieux était connu comme un joueur physique et un agitateur redouté, mais aussi comme quelqu’un qui savait hausser son niveau quand l’enjeu montait. Gary Bettman l’a décrit comme l’un des plus grands joueurs des grands matchs de l’histoire du hockey, et Joe Sakic a dit qu’il était un ami loyal sur qui on pouvait toujours compter.
Cette réputation s’est construite dans la lumière, puis s’est durcie avec un geste qui lui est resté attaché. En 1996, Lemieux a frappé Kris Draper par derrière dans la bande pendant la finale de l’Ouest, lui brisant la mâchoire, le nez et l’os de la joue. Il a ensuite été suspendu pour les deux premiers matchs de la finale de la Coupe Stanley contre la Floride, un épisode qui a marqué durablement sa place dans la mémoire du hockey.
Jeudi, la nouvelle de sa mort a aussi laissé en suspens une autre partie de l’histoire. Le bureau du shérif du comté de Palm Beach a indiqué que des adjoints avaient répondu tôt dans la matinée à une tentative de suicide dans une salle d’exposition de meubles à Lake Park, en Floride, propriété de Lemieux et de son épouse Deborah. Le bureau du médecin légiste du comté a confirmé son décès, mais a refusé de rendre les dossiers publics, en invoquant une disposition de la Floride qui exempte les cas de suicide des règles d’accès aux documents.
Après avoir pris sa retraite en 2009, Lemieux était devenu agent de joueurs et représentait notamment Joel Eriksson Ek, Hampus Lindholm, Moritz Seider et Rasmus Andersson. Geoff Molson a dit qu’il incarnait l’essence même d’un joueur des Canadiens. À ce stade, la seule certitude officielle est sa mort; le reste du dossier judiciaire et médical n’a pas été rendu public.

