Claude Lemieux est mort à 60 ans, a annoncé jeudi le Canadien de Montréal. L’un des visages les plus marquants du hockey d’après-saison s’éteint avec quatre Coupes Stanley, 234 matchs de séries et 80 buts en éliminatoires au compteur.
La nouvelle frappe aussi parce que Lemieux était à Montréal cette semaine. Lundi, il servait de porteur de la flamme du Centre Bell pour le match no 3 de la finale de l’Est, remporté 3-2 en prolongation par les Canadiens contre les Hurricanes de la Caroline. Quelques jours plus tard, l’ancien attaquant était au centre d’un hommage devenu annonce de décès, un basculement brutal pour un joueur longtemps associé aux grands rendez-vous du printemps.
Repêché par Montréal au deuxième tour, 26e au total, en 1983, Lemieux a d’abord aidé les Canadiens à gagner la Coupe Stanley en 1986. Cette année-là, il a joué 10 matchs de saison régulière et obtenu un but avec deux aides, puis il a signé une série éliminatoire de 20 matchs avec 10 buts et six aides, dont deux filets en prolongation. Il a ensuite empilé 27 buts en 1986-1987, 31 en 1987-1988 et 29 en 1988-1989, devenant le sixième joueur de l’histoire de la concession à commencer sa carrière avec trois saisons consécutives d’au moins 20 buts.
Le reste de son parcours a confirmé cette réputation. Lemieux a remporté quatre titres, avec Montréal en 1986, avec les Devils du New Jersey en 1995 et en 2000, puis avec l’Avalanche du Colorado en 1996. En 1995, il a aussi gagné le trophée Conn Smythe après 13 buts en 20 matchs de séries, et Gary Bettman l’a décrit comme « l’un des plus grands joueurs des grands moments de l’histoire du hockey ». Geoff Molson a parlé jeudi d’une « journée sombre » pour la famille du Canadien et pour toute la communauté du hockey.
Mais Lemieux n’a jamais été un champion facile à classer. Admiré pour ses buts décisifs et sa dureté, il a aussi irrité beaucoup de rivaux par un style de jeu qui flirtait avec les limites du règlement, et les dépassait parfois. Cette double image a suivi toute sa carrière, des 15 séries éliminatoires consécutives disputées par ses équipes jusqu’à sa reconversion récente comme agent de joueurs auprès de certaines des plus grandes vedettes de la LNH.
Le point que le Canadien n’a pas éclairci jeudi reste pourtant le plus simple et le plus troublant: la cause du décès n’a pas été rendue publique. Pour l’instant, ce sont sa famille, sa place dans l’histoire des séries et le vide laissé chez les partisans de Montréal qui donnent le ton.

