La Cour supérieure a placé le Groupe Finstar sous séquestre en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, à la suite des inquiétudes soulevées par l’un de ses principaux créanciers, le Groupe Dumont. La décision met sous contrôle judiciaire le promoteur immobilier fondé en 2018 par Simon Drouin, dans un dossier qui pourrait mener à une vente d’actifs.
La mesure tombe alors que Finstar fait face à plus de 100 millions $ de créances auprès de multiples créanciers, dont 31 garantis, et qu’une suspension des procédures a été prorogée jusqu’au 5 juin. Pour les lecteurs qui suivent le dossier, la question n’est pas seulement de savoir si l’entreprise résiste, mais quels actifs seront éventuellement ciblés si la cour ordonne un processus de mise en vente.
Le groupe de Terrebonne est impliqué dans une quarantaine de projets immobiliers, surtout multirésidentiels, dans Lanaudière et les Laurentides. Le juge Luc Morin a récemment rappelé l’avis d’un expert qui avait décrit la structure corporative de Finstar comme « boulimique » et sa structure de financement comme « disparate », tout en évoquant « l’urgence » de lancer un processus de vente et de sollicitation d’intérêt.
Le tableau financier s’est aussi durci dans les derniers mois. Depuis mars, Finstar s’est séparée de neuf employés, soit environ 40 % de son personnel, tandis que plusieurs hypothèques légales ont été inscrites à l’encontre de plusieurs immeubles en 2024. Dans le même dossier, des partenaires financiers, dont la Banque Équitable et les Caisses Desjardins de Terrebonne et de Saint-Agathe-des-Monts, auraient retiré à Finstar l’autorisation de percevoir les loyers de ses immeubles.
Simon Drouin, qui a fondé Finstar, a toutefois défendu vendredi après-midi le recours au financement privé. Dans une déclaration écrite envoyée au Journal, il a soutenu que ce choix ne signalait pas une entreprise en difficulté. « Oui, nous avons pris du financement privé. Mais non, ce n’était pas le signe d’une entreprise en difficulté », a-t-il écrit, ajoutant qu’entre 2021 et 2024, le groupe avait mis en chantier plus de 300 unités, réalisé une centaine de transactions immobilières et acquis plus de 20 M de pi2 de terrains.
Drouin a aussi affirmé que la croissance et les bénéfices avaient été exceptionnels, et que la création de valeur l’avait été davantage encore. Il a soutenu qu’« une entreprise en détresse ne réalise pas ce type de croissance », alors que le tribunal a déjà ouvert la porte à une vente supervisée. La suite dira si la procédure visera une partie précise des projets ou un ensemble plus large d’actifs de Finstar.
