Rod Brind'Amour a gardé ses joueurs loin de la patinoire vendredi, au lendemain de la défaite des Hurricanes 6-2 contre les Canadiens. Plutôt que de faire patiner son équipe pour délier les jambes, l’entraîneur a choisi une séance vidéo, convaincu qu’après un tel match, le problème n’était pas le manque de fraîcheur mais la nécessité d’analyser ce qui avait déraillé.
Seth Jarvis a reconnu que le groupe s’y attendait. « Il était un peu fâché, mais je pense que tout le monde l’était un peu. On est tous dans le même bateau, donc on s’attendait un peu à ce genre de réunion », a-t-il dit, en ajoutant qu’il fallait retenir le fond du message plutôt que la manière. Dans le vestiaire, le ton n’a donc surpris personne: les Hurricanes sortaient d’un match où ils avaient concédé cinq échappées, un chiffre qui résume à lui seul la soirée difficile vécue jeudi.
Brind'Amour n’a pas cherché à masquer son exaspération. « Il s’est passé beaucoup de choses lors de ce match, et nous devions faire mieux; c’était donc, en substance, l’objet de la séance d’hier », a-t-il expliqué. Il a aussi rappelé qu’il s’attend à voir son équipe bien jouer chaque soir et que, lorsque ce n’est pas le cas, c’est un choc, tant il est rare que le jeu des Hurricanes ressemble à celui de l’autre soir. À cette période de l’année, a-t-il ajouté, tout le monde doit répondre présent, et c’est ce qui a manqué.
Le revers de 6-2 a surtout exposé un problème que la série ne permet plus d’ignorer. Lors du premier match, la première ligne des Hurricanes, avec Jarvis, avait été systématiquement opposée à la première unité des Canadiens menée par Nick Suzuki. Cette fois, le constat a été plus brutal encore: l’équipe dit vouloir défendre d’abord, parce que c’est ainsi qu’elle génère son attaque, et Jarvis l’a résumé sans détour en affirmant que si la base défensive tient, tout doit suivre. Le message envoyé vendredi était clair: avant le match prévu samedi soir, les Hurricanes n’avaient pas besoin de jambes plus fraîches, mais d’un meilleur contrôle du match et d’une réponse immédiate dans leur propre zone.
Ce choix de Brind'Amour s’inscrit dans une habitude connue de l’organisation après une défaite, celle de remplacer l’entraînement sur glace par un examen vidéo quand la leçon doit être entendue sans détour. Mais la séance de vendredi avait une portée plus lourde qu’un simple rappel tactique. Après un match où les Hurricanes ont semblé dépassés et ont offert trop de cadeaux, la question n’est plus de savoir s’ils peuvent créer des occasions. Elle est de savoir s’ils peuvent retrouver, dès samedi soir, le niveau d’exigence défensive qui fait leur identité.

