Lecture: E. Jean Carroll : le ministère de la Justice ouvre une enquête pénale

E. Jean Carroll : le ministère de la Justice ouvre une enquête pénale

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Le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête pénale sur , en examinant si l’écrivaine a commis un faux témoignage dans le cadre des affaires civiles qu’elle a intentées contre . L’enquête, menée par le bureau du procureur des États-Unis pour le district nord de l’Illinois, porte en particulier sur une déclaration faite par Carroll en 2022, lorsqu’elle a dit dans une déposition n’avoir reçu aucun financement extérieur pour sa procédure.

Cette nouvelle offensive judiciaire vise une femme qui a déjà remporté deux victoires civiles contre Trump. En 2023, un jury a jugé l’ancien président responsable d’agression sexuelle et de diffamation, et lui a ordonné de verser 5 millions de dollars. La même année, il a aussi été jugé responsable d’avoir diffamé Carroll dans un message publié sur Truth Social l’année précédente, où il niait son accusation selon laquelle il l’aurait attaquée dans une cabine d’essayage d’un grand magasin new-yorkais au milieu des années 1990.

En 2024, un second procès a de nouveau conclu à la responsabilité de Trump pour diffamation à propos de commentaires qu’il avait tenus en 2019, quand il avait accusé Carroll d’avoir inventé ses accusations pour vendre un livre. Dans ce dossier, un jury a accordé à Carroll 83 millions de dollars. Les deux décisions ont fait de l’affaire Carroll l’un des contentieux les plus coûteux et les plus politiquement chargés entourant l’ancien président.

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Le cœur de la nouvelle enquête est plus étroit que le dossier civil, mais il est explosif: les enquêteurs cherchent à savoir si Carroll a menti lorsqu’elle a dit n’avoir reçu aucune aide financière extérieure pour sa plainte. Des documents judiciaires déposés pour la première fois par les avocats de Trump en 2023 avaient révélé que avait contribué à payer certains frais et dépenses juridiques de Carroll. Le tribunal a ensuite estimé qu’elle avait « plausibly represented » dans sa déposition « that she had forgotten about the limited outside funding counsel obtained ». En 2024, la a été encore plus directe, affirmant que « Ms Carroll simply was not involved in the matter of who was or was not funding her litigation costs ».

Le dossier place aussi le gouvernement fédéral dans une position délicate. , aujourd’hui procureur général par intérim, s’est récusé. Il avait personnellement représenté Trump dans les appels liés aux affaires Carroll. Trump, de son côté, a demandé à la d’annuler le premier jugement et a promis de chercher aussi à faire renverser l’autre. Autrement dit, alors que l’une des batailles civiles paraît toujours en suspens devant la plus haute juridiction du pays, le ministère de la Justice explore désormais si la plaignante elle-même a franchi la ligne pénale.

Ce qui compte aujourd’hui, c’est que l’affaire ne se limite plus aux accusations de Trump contre Carroll ou aux verdicts rendus contre lui. Elle se déplace vers un terrain où la crédibilité de Carroll, déjà testée devant deux jurys, devient l’objet d’une enquête criminelle fédérale. Si les procureurs estiment disposer d’éléments suffisants, la querelle née d’une accusation d’agression dans les années 1990 pourrait entrer dans une nouvelle phase, cette fois avec Carroll et non plus seulement Trump au centre du risque judiciaire.

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