Jakub Dobeš a encore répondu après une défaite des Canadiens, et Montréal revient mardi au Centre Bell pour le match 3 de la finale de l’Association Est contre les Hurricanes de Carolina avec une habitude devenue presque une ligne de force. Chaque fois que les Canadiens ont perdu cette série éliminatoire, le gardien recrue a rebondi avec une victoire au match suivant.
Cette fois, la séquence arrive au cœur d’une série égale 1-1, après la défaite en prolongation du match 2 à Carolina. Dobeš, qui a déjà disputé 16 matchs éliminatoires cette saison, a dit après ce revers qu’il souhaitait pouvoir aider l’équipe un peu plus longtemps. C’est aussi exactement ce qu’il a fait toute la saison: répondre au lendemain d’un échec, parfois après des matchs lourds de pression, comme ses deux victoires au match 7, dont une en prolongation.
Le poids de cette performance tient aussi à ce qu’elle représente dans l’histoire récente de la ligue. Depuis l’arrivée du plafond salarial en 2005, seulement deux gardiens recrues ont disputé autant de matchs éliminatoires en une seule saison que Dobeš. Cam Ward, en 2006, avait fini par encaisser des revers consécutifs dans ses 21e et 22e départs en séries, lors des matchs 5 et 6 de la finale de la Coupe Stanley, après avoir éliminé Montréal sur le chemin du titre. Matt Murray, lui, n’a pas perdu deux fois de suite dans ses 21 premiers départs en séries lors du parcours des Penguins de Pittsburgh vers la Coupe Stanley en 2016. Dobeš entre dans cette conversation parce qu’il a déjà traversé une charge de travail rare pour un gardien d’expérience, encore plus pour une recrue.
Le retour au Centre Bell ajoute une autre couche. Avant le match 3, les Canadiens affichaient un dossier de 2-4 en séries à domicile dans cet amphithéâtre. Pourtant, l’équipe n’avait pas subi deux défaites de suite depuis le début des séries, et pas depuis plus d’un mois. C’est là que Montréal devra maintenant transformer son rythme de réponse en avance réelle dans la série.
Le contraste est évident: la foule du Centre Bell peut porter les jeunes Canadiens, mais elle peut aussi les faire forcer le jeu. Après une défaite de 8-3 contre Buffalo au match 6 du tour précédent, Nick Suzuki avait parlé de cette atmosphère spéciale qui peut pousser une jeune équipe à en faire trop. C’est cette ligne de crête que Montréal doit marcher maintenant. Le bâtiment peut devenir un levier. Il peut aussi devenir un poids si les Canadiens essaient de gagner le match dès la première présence au lieu de le construire.
Dobeš n’a pas seulement été le gardien d’une série correcte; il a été celui qui a empêché Montréal de s’enliser après chaque faux pas. La question n’est plus de savoir s’il peut répondre à une défaite. Il l’a déjà fait. La vraie mesure, au match 3, est de savoir si ce réflexe peut maintenant se traduire en avance dans une série qui, pour l’instant, reste ouverte.

