Jayden Struble a pris l’avantage sur Arber Xhekaj dans la rotation défensive du Canadien au moment où l’équipe a lancé sa série contre les Hurricanes de la Caroline. Après avoir laissé passer les sept matchs contre les Sabres de Buffalo, Struble a remplacé Xhekaj pour le match 1 et a joué 14 min 10 s, avec un différentiel de plus-2.
Le choix n’a rien d’anodin pour un club qui avance en séries en misant sur ses marges. Struble, 6 pieds 4 pouces et 240 livres, n’avait joué que 5 min 06 s lors du match 7 contre les Lightning de Tampa Bay, sa dernière apparition avant de revenir dans l’alignement. Xhekaj, lui, a été limité à 1 min 52 s dans le match 7 contre Buffalo avant de perdre sa place de partant. À ce stade, la hiérarchie défensive dit autant sur la confiance de l’entraîneur que sur la forme du moment.
Martin St. Louis a expliqué que le Canadien procède ainsi depuis le début de la saison. Il a dit que l’équipe essaie de maximiser les forces de chacun, qu’elle roule souvent à cinq en défense et que Xhekaj ou Struble peuvent tous les deux donner de très bonnes minutes. Dans sa lecture, il a plus confiance dans le jeu défensif de Struble. Xhekaj, de son côté, apporte une présence physique imposante quand il est dans la formation, mais St. Louis a répété qu’il doit empiler ses actions au fil de ses présences et garder un jeu simple en défendant avec fermeté.
Ce fonctionnement place le Canadien dans un équilibre délicat. L’équipe veut la robustesse de Xhekaj, mais elle semble préférer la stabilité de Struble quand le rythme et le score exigent moins d’écarts. St. Louis a aussi rappelé que les départs en zone et les responsabilités sur les mises au jeu ne sont pas identiques pour tous les défenseurs, ce qui renforce l’idée d’une rotation pensée pour les rôles plutôt que pour les statuts.
Le débat est d’autant plus intéressant que Kaiden Guhle, à seulement 24 ans, continue d’absorber une lourde charge malgré un parcours déjà cabossé par les blessures. En 39 matchs de saison régulière, il a signé neuf passes décisives, puis sept en 15 matchs éliminatoires, avec un différentiel de plus-2 et une moyenne de 20 min 53 s par match. Ses 44 mises en échec l’ont placé au deuxième rang de l’équipe en séries, et ses 31 tirs bloqués au troisième, derrière Mike Matheson avec 40 et Alexandre Carrier avec 38.
Pour le Canadien, la question n’est plus de savoir s’il peut utiliser les deux profils. Elle est de déterminer jusqu’où St. Louis ira avec une défense à cinq, et si Struble conservera l’avantage tant que le jeu réclamera de la fiabilité avant tout.

