Raleigh, Caroline du Nord — Mason Greer a offert jeudi soir une version bilingue de « O Canada » avant le match entre les Canadiens et les Hurricanes de la Caroline, et son interprétation a rapidement fait le tour des réseaux. Le chanteur de 24 ans a dit vendredi à midi avoir été « surpris et honoré » par l’élan de félicitations reçu dans les heures qui ont suivi.
La réaction a été immédiate dans un contexte où l’hymne canadien est généralement chanté en anglais seulement lors des matchs de la LNH disputés hors de Montréal et d’Ottawa. Greer a entonné les lignes françaises « Car ton bras sait porter l’épée, il sait porter la croix! Ton histoire est une épopée, des plus brillants exploits. »
« Les 12 dernières heures ont été folles », a-t-il dit, ajoutant qu’elles avaient été « très intenses ». Il a expliqué que plusieurs internautes l’avaient félicité et remercié d’avoir pensé à chanter quelques mots en français. Il a aussi reconnu qu’il ne parlait pas un mot de français et qu’il répondait « Merci beaucoup » aux messages qu’il recevait dans cette langue, parce que c’était tout ce qu’il savait dire.
Greer vit dans la région de Toronto depuis son adolescence, après avoir grandi là-bas avant de s’installer en Caroline. Depuis 2018, il chante l’hymne national lors des matchs à domicile des Hurricanes quand une équipe canadienne est de passage, et il a plus d’une décennie d’expérience dans les amphithéâtres sportifs. Il a dit avoir pris l’habitude de proposer une version bilingue lorsque les Senators et les Canadiens affrontent les Hurricanes.
Le moment a pris encore plus de relief parce que l’ambiance du début de la rencontre à Raleigh était, selon lui, la plus bruyante et la plus chargée qu’il ait connue. Seth Jarvis a marqué après 30 secondes pour porter la marque à 1-0 pour l’équipe locale, avant que Cole Caufield, Phillip Danault, Alexandre Texier, Ivan Demidov et Juraj Slafkovsky ne viennent doucher l’enthousiasme de la foule.
Greer a résumé l’instant d’une formule qui dit tout de ce que la soirée a représenté pour lui: « On a l’impression que nos tympans sont comme des haut-parleurs qui explosent, et je pense qu’avec les émotions autour de ça, l’intensité, la signification du moment… ça coupe le souffle. » Son interprétation a touché juste parce qu’elle est arrivée au bon endroit, au bon moment, devant un public déjà électrisé et face à une équipe canadienne qui ne l’était pas moins.

