Montréal entre dans un week-end où le hockey et la Formule 1 se croisent pour la première fois de cette façon. Le Canadien de Montréal a battu jeudi les Panthers 6-2 dans le match 1 de la finale de l’Est, et la ville s’apprête déjà à tourner vers le Circuit Gilles Villeneuve, où le Grand Prix du Canada commence moins de 24 heures après le match 2, samedi, en Caroline du Nord.
Pour Alain Creton, propriétaire de Chez Alexandre et Fils, l’ambiance est déjà à l’excès joyeux. Il prévoit regarder les matchs depuis son pub du matin jusqu’à bien après minuit. « Wonderful, wonderful, wonderful, wonderful », a-t-il lancé, avant d’ajouter d’un ton qui résume le moment: « Won-der-ful. » À ses yeux, les séries du Canadien sont « la cerise sur le gâteau ». « Les planètes sont parfaitement alignées », a-t-il aussi dit. « C’est incroyable. »
Le calendrier donne à cette semaine une allure de marathon sportif. Plus tôt, Yuppi est passé au Circuit Gilles Villeneuve pour remettre des chandails à des pilotes de Formule 1. Et plus tôt encore, cette semaine, la Victoire de Montréal est devenue la première équipe canadienne à gagner le championnat de la PWHL. La séquence a transformé la ville en carrefour d’événements majeurs, avec le hockey, le hockey féminin et la Formule 1 qui se chevauchent presque au même instant.
C’est aussi un virage pour le Grand Prix lui-même. Montréal accueille habituellement la course en juin, mais elle a été déplacée à mai à partir de cette année. Tourisme Montréal prévoit 170 000 visiteurs uniques sur le circuit ce week-end, un bassin où plus de la moitié des spectateurs viennent de l’extérieur du Québec et où près de 30 % arrivent des États-Unis et d’autres pays. Le Grand Prix reste l’événement touristique le plus important de la ville, et il attire un public beaucoup plus international que les matchs du Canadien.
Le chevauchement est d’autant plus rare qu’il marque la première fois qu’une course du Grand Prix canadien coïncide avec un parcours éliminatoire du Canadien. L’équipe n’était pas allée aussi loin depuis plus d’une décennie, sauf lors de son improbable parcours en 2021 jusqu’à la finale de la Coupe Stanley. Pour Gil Hawkins Jr., l’idée même de tout suivre relève déjà de l’équilibrisme. « I don’t know how everybody’s going to survive », a-t-il dit. Puis il a résumé ce que plusieurs à Montréal semblent penser: « Is it Saturday night we’ve got something going on? I’m going to have to hide. »
Chez Alexandre et Fils, comme dans une bonne partie du centre-ville, la question n’est pas de savoir si la ville est occupée. C’est de savoir combien de temps elle peut tenir à ce rythme.

