Lecture: Guerre: l’Iran accuse Washington de saboter des négociations déjà fragiles

Guerre: l’Iran accuse Washington de saboter des négociations déjà fragiles

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L’Iran a accusé samedi les de saboter les négociations pour mettre fin à la guerre avec des « exigences excessives », dans un nouvel échange de reproches qui met à nu la fragilité du canal diplomatique ouvert depuis la trêve du 8 avril. a porté l’attaque directement devant , affirmant que Washington multipliait les « positions contradictoires et demandes excessives répétées ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères a ajouté que ces facteurs « perturbent le processus de négociations menées sous l’égide du ». Au même moment, le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal , se trouvait à Téhéran dans le cadre de cette médiation, alors que le mène parallèlement ses propres efforts de rapprochement.

La prise de position d’Araghchi pèse lourd parce qu’elle survient alors que les discussions n’ont donné lieu qu’à une seule séance de négociations, le 11 avril à Islamabad, depuis l’entrée en vigueur de la fragile trêve du 8 avril. Depuis plus d’un mois de conflit, cette unique réunion n’a pas débouché sur une percée, et les dossiers restent empilés les uns sur les autres: la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, la situation dans le détroit d’Ormuz, le blocus américain des ports iraniens et le dossier nucléaire.

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Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, , a dit que les divergences restaient « profondes » entre Téhéran et Washington, et que la question de la fin de la guerre sur tous les fronts, du détroit d’Ormuz et du blocus américain des ports iraniens restait « en suspens ». Ces mots résument une médiation qui avance par gestes successifs mais sans garantie de résultat, alors même que le Pakistan tente de garder les deux camps engagés.

La tension diplomatique est d’autant plus vive que vendredi, a réuni ses plus proches conseillers pour discuter de la guerre, tandis que des médias américains rapportaient que Washington envisageait de nouvelles frappes contre Téhéran. Le président américain a aussi annulé son déplacement, ce week-end, au mariage de son fils aîné Don Jr. aux Bahamas et a expliqué qu’il devait rester à Washington pour « des raisons ayant trait aux affaires de l’État ».

Dans le même temps, Trump a déclaré vendredi lors d’un discours près de New York que les dirigeants iraniens « ont désespérément envie de conclure un accord ». Avant lui, Marco Rubio avait salué un « peu de mouvement » et jugé cela « une bonne chose », mais ces signaux n’ont pas encore effacé la méfiance profonde qui marque le dossier. Araghchi a insisté sur ce point en disant que, « malgré sa profonde méfiance envers les États-Unis, la République islamique d’Iran s’est engagée dans ce processus diplomatique avec un esprit de responsabilité et le plus grand sérieux, et s’efforce de parvenir à un résultat raisonnable et équitable ».

Le 28 février, la guerre a été lancée par les États-Unis et Israël, avant qu’une trêve fragile n’entre en vigueur le 8 avril. Depuis, une seule séance de négociations a été organisée le 11 avril à Islamabad, sans résultat, et la séquence diplomatique s’est compliquée avec la visite confirmée vendredi d’une délégation qatarie à Téhéran. La médiation pakistanaise reste donc active, mais elle se heurte à des lignes de fracture qui n’ont pas bougé.

Ce qui compte désormais, c’est de savoir si Washington et Téhéran veulent encore tester la voie des pourparlers ou si la menace de nouvelles frappes va finir par refermer l’espace diplomatique. Pour l’instant, la guerre continue de dicter le tempo, et la prochaine avancée — ou le prochain échec — pourrait venir de médiateurs qui parlent encore, mais ne peuvent plus masquer l’écart qui sépare les deux capitales.

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