Le procès de Guillaume B. s’ouvre lundi 18 mai devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, à Digne-les-Bains. Cet homme de 51 ans doit répondre d’abus commis, selon l’accusation, sur son ex-compagne à Manosque pendant sept ans.
Au cœur de l’affaire Laetitia, la victime présumée dit avoir subi des coups, des menaces et des pratiques sexuelles extrêmes. Elle affirme aussi avoir été livrée à des dizaines d’hommes et réduite en esclavage pendant sept ans, dans une affaire qui, selon la source, rappelle par certains aspects les viols subis par Gisèle Pelicot. Le dossier raconte une violence installée dans la durée, jusqu’à faire basculer la vie de Laëtitia dans l’humiliation et la peur.
En janvier 2026, Laëtitia avait parlé à franceinfo pour dire que le but de l’homme était de l’humilier. Elle a aussi décrit un traitement qu’elle juge inhumain, affirmant qu’il la traitait « comme une chose, comme un objet », qu’il l’insultait, lui faisait boire son urine pendant des semaines et l’empêchait de dormir ou ne lui laissait que très peu de repos. Elle dit encore avoir entendu une menace directe: « Je vais te tuer ». Âgée de 42 ans, elle dit être aujourd’hui incontinente et handicapée, au point d’avoir besoin d’un appareil, et explique que dire cela lui est difficile.
Laëtitia insiste surtout sur ce qu’elle attend du procès: être entendue, publiquement, et non à huis clos. « Je ne vais pas demander le huis clos », a-t-elle dit, ajoutant qu’elle ne veut plus être tenue par la honte et qu’elle veut aller au bout de son combat pour elle-même et pour ses enfants. Ceux-ci seront présents à l’audience et témoigneront, selon ses déclarations.
La défense, elle, maintient une version radicalement opposée. Pendant l’instruction, l’accusé a toujours nié les accusations et soutient que Laëtitia aimait être humiliée et qu’elle avait accepté la prostitution. C’est ce face-à-face, entre un récit d’emprise totale et un déni complet, que la cour d’assises doit trancher à partir de lundi à Digne-les-Bains.
Le point le plus lourd du dossier reste celui que Laëtitia dit avoir vécu à Manosque: des centaines d’hommes, selon elle, une opposition constante de sa part, et des années de violences présentées comme un système organisé pour la briser. Le procès doit désormais dire si cette version tient face aux contestations de l’accusé, et si la justice considère qu’il y a eu non seulement des abus, mais une domination méthodique sur toute une vie.

