Les Canadiens ont repris le travail mercredi après une journée de repos, à la veille du premier match de la finale de l’Association de l’Est contre les Hurricanes de Caroline, qui s’ouvre jeudi soir sur la glace locale des Hurricanes. Martin St-Louis n’a pas dirigé l’entraînement matinal au Centre Bell, où Trevor Letowski a surtout donné les consignes avant le départ de l’équipe pour l’aéroport.
Rien n’indique toutefois un problème sérieux. Kent Hughes a dit que l’entraîneur-chef serait de retour à son poste le lendemain et qu’il rejoindrait l’équipe dans la soirée. Le contexte, lui, reste brutal: Montréal a éliminé Buffalo lundi soir en sept matchs grâce à une victoire en prolongation, pendant que la Caroline complétait aussi lundi une courte semaine de travail en balayant Philadelphie au deuxième tour. Quand la série commencera, il se sera écoulé 11 jours depuis la fin de ce balayage.
Le contraste de rythme saute aux yeux. Depuis le 26 avril, les Canadiens ont disputé 11 matchs, soit plus que toutes les autres équipes encore en lice dans la course à la Coupe Stanley. Dans la même période, Vegas en a joué neuf, Colorado six et la Caroline seulement quatre. Montréal arrive donc dans cette série avec des jambes sollicitées mais encore pleines d’adrénaline, un point qu’Alexandre Carrier a résumé sans détour: l’équipe se dit en forme malgré la fatigue accumulée par deux séries en sept matchs, et elle veut profiter de son élan.
Carrier a même soutenu que, comme plus jeune équipe de la ligue, le groupe avait vécu pendant la saison des séquences plus chargées que celles des séries. Son niveau d’énergie, a-t-il dit, demeure élevé. Ce n’est pas un détail anodin pour un club qui devient la plus jeune équipe en 33 ans à atteindre la finale de conférence, avec une moyenne d’âge de 25,8 ans, la même moyenne que l’équipe au sommet du classement en 1993. Cette équipe-là, celle de 1993, a remporté la Coupe Stanley.
Sur la patinoire, le défi sera autrement plus rude. Les Hurricanes ont dominé leurs adversaires 24-10 depuis le début des séries, une différence qui raconte autant leur structure que leur capacité à étouffer les matchs. Montréal, lui, a pourtant remporté ses trois rencontres de saison régulière contre la Caroline. Mais Cole Caufield a rappelé ce qu’est réellement le hockey de séries: ce qui s’est passé en saison régulière compte, mais cela devient autre chose une fois les enjeux montés d’un cran, surtout face à une formation aussi énergique. Il s’attend à une série difficile.
Nick Suzuki a tenu le même discours, mais avec les mots d’un capitaine qui connaît déjà la marge d’erreur. Face à Jacob Slavin, l’un des meilleurs défenseurs offensifs de la ligue selon lui, Suzuki a dit que les Canadiens devront s’en remettre à leur rapidité et à leur agressivité. Il a aussi reconnu que l’avantage numérique a bien fonctionné jusqu’ici, tout en soulignant qu’il faudra produire davantage à cinq contre cinq. C’est là que la série peut basculer: Montréal a trouvé de l’air dans les moments clés, mais la Caroline arrive avec du repos, une défense solide et une fiche de 24-10 qui ne laisse aucune place à l’improvisation.
Le premier test commencera jeudi soir, et il dira vite si l’énergie des Canadiens peut compenser la fraîcheur des Hurricanes. Dans une finale de l’Est où chaque erreur coûte cher, Montréal ne peut pas se contenter de l’élan; il lui faudra transformer sa vitesse en présence constante, et ses occasions en buts, dès le match 1.

