David Amiel a annoncé le 18 mai 2026 la généralisation de Transcripts, un outil d’intelligence artificielle conçu par la direction interministérielle du numérique pour transcrire les comptes rendus de réunions et d’auditions des agents publics. D’ici à cet été, un million d’agents publics y auront accès librement.
L’outil permet d’enregistrer une réunion ou de déposer un fichier audio pour obtenir, en quelques secondes, une transcription intégrale. Il peut en principe distinguer les différents locuteurs et les prises de parole successives, et une version mobile doit aussi être proposée. Selon Amiel, un agent public passe en moyenne 4 heures, soit 240 minutes, par semaine à rédiger des comptes rendus de rendez-vous, de réunions ou d’auditions. « Perdre du temps sur un compte rendu de réunion, ça vous em***** ? L’IA le fait pour vous », a-t-il lancé, avant d’ajouter: « Nous libérons du temps de prise de décision et d’analyse pour les agents ».
Le gouvernement présente Transcripts comme une nouvelle étape dans le déploiement de l’intelligence artificielle dans le service public. Le précédent jalon remonte à octobre 2025, avec le lancement de l’Assistant IA, développé par la Dinum en partenariat avec Mistral. La bascule technologique repose ici sur OpenGateLLM, un système libre et open source, tandis que l’hébergement est assuré par le fournisseur français Outscale.
Le cabinet d’Amiel indique que chaque ministère pourra adapter l’outil à des métiers précis, comme greffier ou policier. La suite est déjà dessinée: un service similaire consacré à la traduction doit suivre, sur la base de l’application TradEmploi de France Travail. Ces évolutions restent aujourd’hui pilotées par la Dinum, mais elles sont appelées à passer à terme sous l’autorité de la future Autorité numérique de l’État.
La généralisation de Transcripts ne règle pas seulement un problème de productivité administrative; elle marque aussi le moment où l’IA cesse d’être un projet pilote pour devenir un outil de travail courant dans l’administration française. Le vrai test commencera quand les agents, les ministères et les métiers les plus exposés à la contrainte de temps devront prouver que la promesse de gain d’heures se traduit, sur le terrain, par des décisions plus rapides et des dossiers mieux tenus.

