David Amiel a décidé de lancer concrètement son « opération vérité » sur les retraites des fonctionnaires. Le ministre de l’Action et des Comptes publics veut revoir la façon dont l’État présente et finance cette dépense, avec des mesures qui pourraient rebattre le poids réel du privé et du public dans le système de retraite.
Selon L’Opinion, plusieurs pistes sont à l’étude. La plus sensible consisterait à réduire le taux de contribution employeur de l’État, aujourd’hui fixé à 82,3 % hors primes des fonctionnaires. À titre de comparaison, dans le privé, ce taux est inférieur à 17 %. Une première proposition reviendrait à aligner l’État sur le niveau exact des employeurs privés, une idée avancée par l’ancien haut fonctionnaire de Bercy Jean-Pascal Beaufret. Une autre fixerait ce taux à 34,7 %, sur la base d’un travail d’experts de l’Institut des politiques publiques.
Le dossier est d’autant plus politique qu’Amélie de Montchalin, prédécesseure de David Amiel au ministère des Comptes publics, préside désormais la Cour des comptes. L’institution doit publier en juillet un rapport proposant un nouveau taux de contribution employeur de l’État. Elle s’était jusque-là opposée à tout changement sur ce point.
Au-delà du taux lui-même, Amiel prépare aussi un changement de présentation des comptes de l’État à l’automne 2025, pour rendre plus visible la dépense sociale liée aux pensions des fonctionnaires. L’enjeu est clair: montrer un coût réel longtemps masqué par des conventions de présentation, alors même que cette charge apparaît aujourd’hui très supérieure à celle supportée dans le privé. Le prochain rapport de la Cour des comptes dira si cette réécriture comptable s’accompagnera enfin d’un nouveau mode de financement.

