Le réseau Rede Integrar a passé au crible R$ 497 millions d’emendas Pix et a trouvé des signes d’irrégularités dans plus de 90% des 125 transferts analysés. L’examen, mené dans 42 municipalités, 21 États et le District fédéral, a mis en évidence des failles de planification, de transparence, de traçabilité et de régularité dans l’usage de l’argent public.
Le tableau est d’autant plus lourd que l’audit, coordonné par le TCU avec l’appui de 28 tribunaux de comptes d’État et municipaux, dont le TCE-PR, a aussi relevé une moyenne de 26,7 points sur 100 pour l’indicateur Taep sur la transparence. Sur 57 portails de transparence étudiés, le diagnostic est resté faible, avec des cas de surcoût, de surfacturation et l’emploi de ressources d’emendas Pix dans des situations interdites par la loi.
La Rede Integrar réunit 33 Tribunais de Contas et s’inscrit dans l’effort coordonné du système national de contrôle externe. L’audit a porté sur la manière dont ces transferts fédéraux spéciaux sont planifiés, rendus publics et exécutés, avec une question centrale: si l’argent arrive, encore faut-il pouvoir suivre où il va et vérifier comment il est dépensé.
Au Paraná, le TCU a retenu des données couvrant la période de 2022 à 2024 pour sélectionner des emendas à partir desquelles les contrôles ont été faits. Dans cet État, le gouvernement régional a reçu R$ 1.850.000,00 pour des dépenses courantes et des investissements, tandis que Dois Vizinhos a obtenu R$ 3.022.490,00 pour des investissements, Francisco Beltrão R$ 7.497.727,00 et Londrina R$ 500.000,00.
Ce qui ressort de l’audit, c’est moins l’existence des transferts que leur vulnérabilité au moment où ils quittent le papier pour les comptes publics locaux. Beaucoup d’administrations n’ont pas respecté les règles de la STN pour la gestion de ces ressources, et le signal envoyé par l’enquête est clair: sans traçabilité solide, les emendas Pix restent exposées à des usages irréguliers, même lorsqu’elles sont officiellement autorisées.
Pour les contrôleurs, le prochain enjeu n’est pas de compter les transferts une fois de plus, mais de faire corriger les portails, les procédures et les justificatifs là où les failles ont déjà été repérées. C’est là que l’audit quitte le constat et devient un test de discipline administrative.
