Atlanta — Matt Weyandt essaie de récupérer de l'argent que son entreprise n'aurait peut-être jamais dû payer. Ce chocolatier d'Atlanta fait partie des entreprises américaines prises dans la vague de remboursements ouverte après que la Cour suprême des États-Unis, en février, a jugé illégaux les droits de douane massifs imposés par l'administration Trump sur de nombreux produits importés.
La décision a créé une perspective colossale pour Washington: le gouvernement fédéral devra rembourser environ 166 milliards de dollars à des entreprises américaines. Pour Weyandt, la réalité est plus modeste, mais elle dit tout du casse-tête actuel. Il a estimé que son activité avait payé entre 15 000 et 20 000 dollars de droits de douane sur le cacao l'an dernier, un montant qu'il tente désormais de faire revenir dans ses comptes.
Weyandt dit que son sucre vient du Brésil. Son cacao, lui, arrive de petites coopératives en Tanzanie, en Ouganda, au Pérou et au Nicaragua. Dans une entreprise de taille modeste, chaque coût compte, et les tarifs ont pesé sur des achats de base avant même que la bataille des remboursements ne commence.
Le chocolatier dit ne pas disposer des moyens des grandes sociétés pour suivre les démarches. « Nous n'avons pas d'armées d'avocats ou de personnel pour s'occuper de la paperasse et faire tout le nécessaire pour tenter d'obtenir des remboursements », a-t-il dit. Il n'a, ajoute-t-il, « aucune idée du temps que cela prendra, ni même de la nature exacte de la procédure ».
Ce flou pèse sur presque toutes les entreprises confrontées à cette perspective de remboursement. Weyandt parle d'une mécanique opaque, où personne ne sait encore clairement comment le système fonctionnera ni à quel rythme les fonds seront versés. « C'est tout simplement le chaos », a-t-il dit. « Il y a énormément d'incertitude sur le taux douanier applicable à chaque pays et à chaque produit. »
Cette incertitude ne s'arrête pas aux formulaires. Elle entre aussi dans les décisions d'investissement. Weyandt dit qu'il n'a pas pu justifier l'achat d'une machine européenne pour emballer les tablettes de chocolat, car elle était trop chère. Pour lui, le droit de douane n'a pas seulement renchéri ses intrants; il a aussi freiné des choix qui auraient pu moderniser son entreprise.
Le dossier dépasse largement le cas d'Atlanta. La décision de février a laissé aux entreprises et aux États la possibilité de demander des remboursements pour les tarifs payés, et l'addition pour le Trésor s'annonce lourde. Mais l'écart entre les grandes entreprises capables d'absorber les coûts administratifs et les petites structures qui doivent remplir les dossiers seules est au cœur du problème. Weyandt dit qu'il ne pense pas que la politique de Donald Trump ait aidé les petites entreprises, « pas du tout ». Il ajoute qu'elle a peut-être avantagé « quelques grandes compagnies pétrolières, des géants de l'IA et des choses de ce genre ».
Pour l'instant, le chocolatier travaille à récupérer une somme qui ne devrait peut-être jamais sortir de sa poche. Ce qui était un débat de tribunal est devenu une course de trésorerie, et ce sont les petites entreprises qui risquent d'attendre le plus longtemps avant de savoir si elles reverront leur argent.

