Lecture: Jean Philippe Tanguy: le RN assume l’Europe sans promettre la rupture

Jean Philippe Tanguy: le RN assume l’Europe sans promettre la rupture

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a écarté, le 16 mai, tout retour de la question d’une sortie de la France de l’Union européenne. Invité de , le député du Rassemblement national a dit sans détour qu’il n’y avait « pas de plan » pour rouvrir ce débat.

« Non, je pense qu’il faut rester au sein de l’Union européenne et faire prévaloir nos intérêts en son sein », a-t-il déclaré, résumant une ligne qui tranche avec les vieux réflexes souverainistes. Le responsable a aussi comparé les traités européens à « un clou (…) planté dans la main de la France », avant d’ajouter qu’il était pratiquement impossible de s’en débarrasser.

Sa prise de parole a du poids parce qu’elle vient d’un élu d’un parti qui a longtemps fait de la rupture avec Bruxelles un marqueur politique. Le Rassemblement national reste euro-critique, mais il a officiellement renoncé à toute sortie de l’Union européenne ou de la zone euro. En disant qu’il faut rester dans l’UE pour y défendre les intérêts français, Tanguy met des mots simples sur ce virage déjà engagé dans la ligne du parti.

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Il a justifié cette position par l’état du pays. France, a-t-il dit, vit avec des déficits, une dépendance financière et une industrie, comme l’agriculture, « au fond du trou ». Dans sa bouche, le débat n’est plus celui d’un départ spectaculaire, mais celui d’un rapport de force jugé plus utile de l’intérieur que de l’extérieur.

Cette évolution ne clôt pourtant pas la querelle plus large qui traverse encore les souverainistes français depuis 30 ans. Le Rassemblement national veut une France influente au sein de l’Union européenne et capable de la transformer de l’intérieur, mais cette stratégie laisse en suspens la question qui divise encore une partie de sa famille politique: faut-il chercher à réformer l’Europe, ou à préparer un rapport de force plus radical contre elle ? La réponse de Tanguy, elle, est déjà donnée.

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