Ce mercredi, au Festival de Cannes, Antonin Baudry présente hors compétition La bataille de Gaulle, un diptyque consacré à la période 1940-1945. Distribué par Pathé, le projet se déploie en deux volets: L’Âge de fer, attendu le 3 juin, puis J’écris ton nom, annoncé pour le 3 juillet.
Le film repose sur Simon Abkarian, qui prête ses traits à Charles de Gaulle et dit avoir abordé le rôle comme un travail de composition minutieux. « C’est du travail », résume-t-il, en décrivant une silhouette construite avec les costumes, la posture et la tenue de tête. L’acteur affirme mesurer 1,88 mètre, quand de Gaulle en ferait selon lui 1,93, et insiste sur le fait que son nez est le sien, même si certains y voient une prothèse.
Abkarian explique aussi qu’il a beaucoup dansé dans sa jeunesse, un passé qui l’a aidé à trouver une démarche singulière. Avec Baudry, il dit avoir cherché une présence qui se distingue immédiatement, jusque dans les détails d’un uniforme, d’un képi, d’une vareuse et d’une ceinture à la taille. Pour lui, un tel personnage doit rester identifiable, « même en contre-jour », au point qu’« on ne peut pas rater de Gaulle ».
Le travail ne s’arrête pas à l’apparence. L’acteur dit avoir travaillé sur la rétention des émotions et sur l’illisibilité du visage, notamment face à Churchill, afin de donner au personnage du mystère et de la poésie. Il a aussi recherché une voix « pleine » et bien timbrée, loin des chuchotements fréquents au cinéma, parce que de Gaulle, selon ses mots, « veut être entendu ». « La parole est le messager de la pensée, elle-même porteuse d’une vision », dit-il, comme pour résumer l’ambition du rôle.
La présentation cannoise place donc La bataille de Gaulle dans le champ des grands récits historiques, mais avec une approche qui insiste d’abord sur la composition de l’interprète principal. En choisissant un diptyque sur cinq années décisives et en le lançant par une première projection hors compétition, Baudry et Pathé installent un projet qui mise autant sur la partition de l’acteur que sur l’ampleur du sujet.
La prochaine étape est déjà tracée: le public verra d’abord L’Âge de fer le 3 juin, avant de retrouver J’écris ton nom le 3 juillet. Entre les deux, le film devra confirmer à l’écran ce que son interprète affirme avoir construit par le geste, la voix et la retenue.

