Lecture: Au Pérou, Keiko Fujimori et Roberto Sánchez s'affrontent au second tour

Au Pérou, Keiko Fujimori et Roberto Sánchez s'affrontent au second tour

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Le Pérou connaîtra le 7 juin un second tour présidentiel entre et , a annoncé officiellement l'autorité électorale dimanche 17 mai. La fille de l'ancien président est arrivée en tête du premier tour avec 17,1 % des voix, tandis que Sánchez a terminé deuxième avec 12 %.

Ce duel met face à face deux pays politiques qui se supportent de moins en moins. Fujimori porte l'héritage du fujimorismo, la ligne créée par son père dans les années 1990, et conserve une base solide dans les classes moyennes urbaines et à Lima. Sánchez, lui, incarne une gauche liée aux territoires andins et autochtones du sud du pays, un ancrage qui lui donne de la force dans certaines régions mais l'expose aussi à la méfiance de plusieurs électeurs de gauche des villes.

« On a en réalité deux projets de société très opposés », résume , de . Elle décrit d'un côté « une droite dure, autoritaire, très attachée au modèle économique néolibéral instauré à l’époque » et de l'autre « une gauche très liée aux territoires andins et autochtones, notamment dans le sud du pays ». Dans ce paysage, chaque camp doit convaincre au-delà de son noyau dur pour espérer l'emporter.

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Le contexte pèse lourd. Beaucoup d'électeurs des régions andines gardent en mémoire les violations des droits humains commises sous Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l'humanité. Cette mémoire alimente une forte défiance envers Keiko Fujimori, même si son mouvement s'est aussi enraciné dans des quartiers populaires et des régions loin de Lima. Sánchez doit, de son côté, rassurer des électeurs urbains de gauche qui hésitent à lui faire confiance.

La conséquence la plus probable est celle d'un vote de rejet plus que d'une adhésion nette. Dans un pays profondément polarisé entre une droite populiste-conservatrice et une gauche populaire ancrée dans les régions rurales et autochtones, l'issue peut dépendre autant des abstentions que des bulletins blancs ou de ceux qui choisissent le moindre mal. À moins de trois semaines du scrutin, le Pérou entre dans une finale où personne ne paraît en mesure de rassembler facilement le pays autour de sa candidature.

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