Yaël Braun-Pivet figure parmi les signataires d’une tribune publiée dans La Tribune et intitulée « L’État de droit n’est pas une cible de campagne ! ». Le texte, cosigné par dix-huit députés, intervient à un an de l’élection présidentielle et affirme que chaque mot, chaque polémique compte désormais dans un débat politique de plus en plus tendu.
Présidente de l’Assemblée nationale, Braun-Pivet apporte son nom à un appel qui vise clairement ceux qui, selon les auteurs, multiplient les déclarations inquiétantes sur la place du droit dans la vie politique. Le texte dit sans détour: « Il reste un an avant l’élection présidentielle. » Et il ajoute: « L’État de droit, ce n’est pas une contrainte bureaucratique. »
La prise de position ne relève pas d’un simple commentaire de plus dans la bataille d’idées. Elle prend la forme d’un article d’opinion, ce qui compte dans un moment où ses signataires disent voir s’installer une forme de banalisation du discours contre l’État de droit. Leur alerte tient en une idée simple: à force d’être répétées, ces attaques finissent par paraître acceptables dans le débat public.
C’est là que se situe le vrai enjeu du texte. Les auteurs ne se contentent pas de défendre un principe abstrait; ils disent que la normalisation d’un langage hostile à l’État de droit peut déplacer la frontière de ce qui se dit, puis de ce qui se fait, à mesure que la campagne présidentielle approche. Le message adressé par la tribune est donc moins une mise en garde de circonstance qu’un rappel politique: ce que les responsables publics choisissent de dire maintenant pèsera sur le climat de la campagne qui s’ouvre.
En inscrivant son nom au bas de cet appel, Yaël Braun-Pivet se retrouve au cœur d’une séquence où la présidence de l’Assemblée nationale rencontre le débat de campagne. La tribune publiée par La Tribune ne tranche pas seulement sur le fond; elle cherche à fixer une ligne avant que l’année électorale ne durcisse encore les mots et les positions.

