L’administration Trump prévoit de créer en 2026 un fonds anti-instrumentalisation de 25 millions $ US, financé par l’argent des contribuables, alors que Donald Trump abandonne une poursuite de 10 milliards $ US contre le fisc liée à la fuite d’informations sur ses déclarations de revenus pendant son premier mandat. Le département de la Justice dit que toute personne estimant avoir été injustement poursuivie par le gouvernement pourra déposer une demande d’indemnisation.
La mesure suscite déjà des accusations de favoritisme. Des observateurs pensent que Trump cherche à mettre sur pied un système destiné à récompenser ses alliés, tandis que des experts juridiques, des groupes de surveillance de l’éthique et l’opposition démocrate dénoncent un conflit d’intérêts entre le président et les agences qu’il supervise.
Les réticences ne viennent pas seulement des démocrates. La création du fonds soulève aussi des réserves chez des élus républicains, même si le département de la Justice n’a pas besoin de l’approbation du Congrès pour aller de l’avant. Le financement doit provenir d’un fonds déjà existant, utilisé pour payer les jugements et les règlements à l’amiable prononcés contre le gouvernement américain.
Le cœur du problème est là: l’administration qui décidera qui mérite d’être indemnisé est aussi celle du président qui vient de retirer une plainte colossale liée à sa propre bataille avec le fisc. Le 6 janvier 2021, des émeutiers ont mené une tentative d’insurrection au Capitole, et ils ont été inculpés par l’administration Biden; aujourd’hui, le nouveau dispositif place la Maison-Blanche au centre d’un mécanisme qui pourrait redistribuer des fonds publics à des personnes jugées victimes d’excès gouvernementaux.
Le résultat attendu est moins une simple procédure administrative qu’un test politique immédiat. Si le fonds voit le jour comme prévu, il offrira à l’administration Trump un levier nouveau sur la définition même de l’injustice gouvernementale, et il mettra à l’épreuve sa capacité à convaincre qu’il ne s’agit pas d’un outil pour récompenser les proches du pouvoir.

