Lecture: Bovin: l’accident mortel en Autriche relance l’alerte sur les troupeaux

Bovin: l’accident mortel en Autriche relance l’alerte sur les troupeaux

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Dimanche dernier, une femme de 67 ans est morte après avoir été piétinée par un troupeau de vaches alors qu’elle randonnait dans l’ouest de l’Autriche. Son mari, âgé de 65 ans, a été transporté en urgence dans un état grave. Ce drame relance une question que le monde agricole connaît bien: quand un bovin charge, s’agit-il d’une attaque ou d’un réflexe de défense?

Pour , la réponse est nette. « Ce sont des accidents et pas des attaques, car il n’y a pas de volonté délibérée de vous faire mal ou de vous tuer, elles se défendent », a-t-il dit. Et ces accidents ne sont pas des cas isolés, selon lui. « Ces accidents sont fréquents, ils ne sont pas rares. C’est même une cause majeure d’accident du travail chez les agriculteurs. » Aux États-Unis, une étude des attribue en moyenne 22 décès par an au bovin.

Le décès en Autriche remet en lumière un risque connu dans les campagnes, où les accidents impliquant des bovins font partie du quotidien des exploitants. La se penche de près sur la question, alors que la sélection génétique privilégie aujourd’hui des vaches dites sans cornes pour réduire la dangerosité de leurs armes de défense. Le sujet ne se limite pas aux zones d’élevage intensif: il concerne aussi les promeneurs, les randonneurs et ceux qui croisent des troupeaux sans toujours mesurer la réaction possible de l’animal.

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, agriculteur et éleveur bovin près d’Aire-sur-l’Adour, dans les Landes, depuis plus de vingt ans, décrit un rapport plus nuancé avec les bêtes. « Les gens sont comme les vaches, il y a des agressifs et des gentils », dit-il. Mais pour lui, presque tous les accidents suivent la même logique: la présence d’un veau. « Une vache qui est maman a un instinct maternel absolu: elle pense que tout est dangereux autour de son petit », explique-t-il. Il raconte qu’il y a quelques années, « un pèlerin qui faisait le chemin de Compostelle est passé sous le fil d’un champ pour faire ses besoins. À côté, il y avait une vache qui venait de vêler. Elle l’a chargé pour protéger son veau et il a fini à la clinique. »

Palangue dit avoir intégré ce danger dans ses habitudes. « Une de mes vaches a mis bas avant-hier. Pendant huit jours, je le sais, je ne rentre pas dans son enclos », affirme-t-il. Le vétérinaire rappelle, lui aussi, qu’une vache fera tout pour protéger son petit. Le deuxième scénario à risque concerne les taureaux, qui peuvent charger pour défendre leur troupeau s’ils estiment qu’un intrus s’approche trop près des femelles. Le bovin n’a quasi-pas de vision latérale, ni en arrière. Approché par-derrière, sans qu’il puisse sentir, voir ou entendre, il peut être surpris et déclencher une réaction de défense. Sa vue globale est mauvaise, mais il est très sensible aux contrastes. C’est souvent là que le basculement se produit, au moment précis où l’homme pense encore n’être qu’un passant de plus.

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