Lecture: Emmanuel Moulin : les socialistes votent contre sa nomination à la Banque de France

Emmanuel Moulin : les socialistes votent contre sa nomination à la Banque de France

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Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a annoncé mardi qu’il votera contre la nomination d’ à la tête de la . a confirmé cette position après l’audition prévue mercredi à la commission des finances de l’Assemblée, où le haut fonctionnaire doit encore défendre sa candidature devant les parlementaires.

Le rendez-vous de Moulin est déjà chargé. Mercredi matin, il doit d’abord passer devant la commission des finances du Sénat, puis devant celle de l’Assemblée nationale. Ensuite, 121 commissaires des deux chambres voteront à bulletin secret. Si les trois cinquièmes des suffrages exprimés sont défavorables, la nomination sera rejetée.

Pour les socialistes, la ligne est nette. Brun a estimé qu’Emmanuel Moulin ne présente pas les garanties d’indépendance politique indispensables à une banque centrale. Selon lui, l’ancien secrétaire général de l’Élysée, âgé de 57 ans et passé pendant une décennie par les grands postes économiques de l’exécutif, ne peut pas revendiquer une indépendance réelle vis-à-vis du pouvoir. Avant d’occuper pendant un an le poste de secrétaire général de l’Élysée, il a été directeur de cabinet de au ministère de l’Économie et des Finances, directeur du Trésor, puis directeur de cabinet de à Matignon.

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Le groupe socialiste dit aussi avoir auditionné Moulin avant son passage parlementaire et juge qu’il ne s’est pas engagé à renforcer la régulation bancaire. Il lui reproche au contraire d’avoir assumé une ligne de dérégulation et de soutenir la relance de la titrisation en Europe. La séquence compte d’autant plus qu’elle s’inscrit dans un vote où et le Rassemblement national ont déjà annoncé leur opposition, ce qui rapproche la nomination du seuil de rejet fixé par la procédure.

À gauche, a lui aussi appelé le Parlement à ne pas « se faire marcher dessus » et à rejeter la candidature, non pas « sur la question de son indépendance » des compétences de Moulin, mais sur cette seule question de l’indépendance. Le député a également évoqué la récente nomination de l’ancienne ministre macroniste Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, pour illustrer à ses yeux la proximité persistante entre l’exécutif et certaines institutions.

En arrière-plan, une rumeur relayée par Les Échos a évoqué un possible accord entre la droite du Sénat et l’Élysée en échange de la nomination de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits. L’entourage de Gérard Larcher a qualifié cette hypothèse de « ridicule ». Mais la controverse dépasse déjà ce seul nom: si le Sénat laisse passer Moulin, son sort dépendra ensuite d’un vote commun des deux chambres où les oppositions ont, pour l’instant, pris une longueur d’avance. Pour l’Élysée, la vraie question n’est plus de savoir si la candidature sera contestée, mais si elle peut encore franchir le filtre parlementaire mercredi.

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