Christine Fréchette repart de Paris sans appui français explicite pour la candidature de Montréal au siège de la Banque DSR. Après sa rencontre lundi avec Emmanuel Macron à l'Élysée, la ministre québécoise a dit que le président français « ne s’est pas avancé, ne s’est pas engagé » et qu’elle « n’ai pas cherché non plus à ce qu’il me donne son appui ».
La discussion portait sur la nouvelle organisation internationale chargée de financer des projets de défense dans les pays membres de l’OTAN et chez leurs alliés. Fréchette a rappelé que la décision finale ne se joue pas à Paris, mais au Canada, où le premier ministre Mark Carney devra trancher l’emplacement du siège parmi quatre villes canadiennes en lice: Montréal, Toronto, Ottawa et Vancouver.
La ministre a dit avoir présenté les atouts de Montréal pour accueillir la Banque DSR, sans obtenir de promesse de la part du président français. Macron, de son côté, a assuré que la France peut aider le Québec dans « beaucoup de domaines », notamment « la recherche et l’IA ».
Cette rencontre s’inscrivait dans une journée diplomatique chargée pour Fréchette, qui avait aussi rencontré plus tôt lundi le premier ministre français Sébastien Lecornu à Matignon. Depuis quelques jours, l’idée que Macron puisse jouer un rôle d’influence dans le dossier alimente les discussions, alors que la bataille pour le siège de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience reste une compétition pancanadienne.
Fréchette a toutefois écarté l’idée d’un appui direct demandé au chef de l’État français. Le dossier, a-t-elle insisté, relève d’une décision canadienne, même si la visibilité internationale de Montréal demeure un argument que le Québec veut faire valoir jusqu’au bout.
Au-delà de cette course au siège, la ministre a aussi annoncé son intention de lancer de nouveaux projets pilotes pour intégrer davantage l’intelligence artificielle dans la fonction publique. Elle a décrit cette approche comme « un outil de soutien à la décision », destiné à « améliorer le travail des personnes et parfois réorienter la nature du travail », ajoutant: « Je le vois plus comme un bénéfice de ce côté-là. »
Le contraste est net: d’un côté, le Québec cherche à convaincre Ottawa de choisir Montréal pour une institution internationale liée à la défense; de l’autre, Fréchette mise sur l’IA pour moderniser l’État chez elle. Les deux dossiers disent la même chose de sa tournée parisienne de lundi: obtenir des leviers sans réclamer de promesse, et avancer sans attendre qu’un partenaire étranger prenne la décision à sa place.

