Amazon Prime Video ajoute samedi 23 mai « One Battle After Another », le drame d’action six fois oscarisé de Paul Thomas Anderson, porté par Leonardo DiCaprio dans le rôle de Bob Ferguson. Le film arrive déjà avec une réputation rare pour un titre sorti il y a à peine huit mois: celle d’un grand récit américain en mouvement, assez vaste pour parler de 2025 tout en donnant l’impression d’appartenir déjà à l’histoire du cinéma.
DiCaprio incarne Bob, un ancien révolutionnaire usé qui se cache des autorités depuis près de deux décennies. Sa fille, Willa, 16 ans, se retrouve prise dans la ligne de mire de Steven Lockjaw, un vieil adversaire, et Bob doit rallier ses anciens compagnons de la French 75 pour empêcher le pire. Le film, librement adapté de « Vineland » de Thomas Pynchon, imagine une Amérique dominée par des sociétés secrètes et un gouvernement fasciste, avec une course-poursuite dans le désert de Borrego Springs, en Californie, déjà jugée digne de rejoindre la lignée de « Bullitt » et « The French Connection ».
C’est ce mélange qui explique pourquoi le film n’est pas seulement un ajout de catalogue. Le service de streaming d’Amazon élargit sa bibliothèque numérique avec des titres capables d’attirer un public large tout en donnant du poids à son offre, et « One Battle After Another » s’inscrit au sommet de cette stratégie. L’article qui l’accompagne le place d’ailleurs parmi les films à voir tout de suite, au même titre que d’autres classiques à ajouter à une file d’attente, comme « Do the Right Thing » et « The Return of the Living Dead ».
Ces deux films rappellent à quel point le cinéma peut capter une époque en quelques plans. « Do the Right Thing », sorti en 1989, a déclenché une tempête de discussions à sa sortie; situé dans le Brooklyn de l’été, il suit Mookie, un livreur de pizzas d’une vingtaine d’années pour Sal, un Italo-Américain dont la clientèle est surtout noire. « The Return of the Living Dead » part, lui, d’un canister de l’armée rouvrant une horreur chimique à Louisville, dans le Kentucky, avant d’enfermer des adolescents dans un cimetière au moment où les zombies arrivent. Mis côte à côte avec eux, le film d’Anderson prend une autre dimension: il ne se contente pas d’être spectaculaire, il veut aussi condenser ce que 2025 ressemble et ressent.
La tension, pourtant, tient au contraste entre l’ampleur du projet et sa disponibilité immédiate en streaming. Un film déjà salué comme un chef-d’œuvre moins de huit mois après sa sortie passe maintenant dans le flux quotidien d’Amazon Prime Video, au moment même où la plateforme cherche à grossir son réservoir de contenus forts. Cela peut sembler banal sur le papier. Ce ne l’est pas pour un titre que beaucoup verront moins comme une nouveauté que comme un événement de rattrapage, un de ces films dont on parlera encore longtemps après sa mise en ligne.
La réponse à la question que pose cette arrivée est simple: oui, Amazon Prime Video ajoute bien un film que l’on peut déjà traiter comme un classique moderne, et samedi 23 mai sera le premier jour où le public pourra le vérifier par lui-même.

