Lecture: Michel Rivard revient au Théâtre d’Aujourd’hui avec « Après, on va où ? »

Michel Rivard revient au Théâtre d’Aujourd’hui avec « Après, on va où ? »

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est de retour sur scène avec Après, on va où ?, un nouveau spectacle vu ces derniers jours au Théâtre d’Aujourd’hui. À 74 ans, l’auteur-interprète y aborde la vie et ses sautes d’humeur, la famille, l’amour, la vieillesse et la mort, avec la même retenue qui le fait encore tenir à distance du vacarme public.

Dans le texte, Rivard raconte qu’une dame l’a interpellé parce qu’elle ne l’entendait plus parler de lui. Sa réponse tient en une phrase simple: « je n’ai pas quitté la scène ». Ce n’est pas une posture, mais un constat. Ceux qui l’ont retrouvé dans cette salle sortent avec la sensation qu’il n’a rien perdu de sa façon de toucher juste, sans forcer le trait.

Le spectacle arrive après , présenté il y a environ une demi-douzaine d’années, petit bijou de spectacle sur sa quête identitaire. La comparaison n’est pas forcée. Les deux œuvres se parlent, mais Après, on va où ? semble moins occupé à se chercher qu’à regarder le chemin parcouru, avec ses pertes, ses attaches et cette lucidité douce qui colle à la voix de Rivard.

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C’est aussi ce qui donne au moment sa force aujourd’hui. Dans une période chargée, la chronique qui accompagne le spectacle insiste sur le bien que fait le fait de passer une soirée avec lui. Rivard y est décrit comme discret, mais toujours actif sur scène, et le spectacle tient de la consolation sans jamais devenir pesant. Il y glisse cette idée que la vie a ses détours, mais aussi cette certitude: « l’amour ne meurt jamais ».

Le texte retient aussi une image précise, celle d’une magnolia en fleurs qui l’a émue. Ce détail dit beaucoup du ton du spectacle: Rivard ne cherche pas le grand geste, il s’attache à ce qui passe, à ce qui demeure, à ce qui console. C’est sans doute ce qui explique qu’un spectacle sur la vieillesse et la mort puisse laisser une impression de légèreté plutôt que d’ombre.

La même chronique déborde toutefois du seul cas Rivard pour évoquer le projet de loi Gabie Renaud et la question des féminicides, ce qui replace ce moment de scène dans un climat plus large, plus grave. Mais Après, on va où ? prend l’angle inverse: il rappelle qu’au milieu du bruit et des violences du temps, un chanteur de 74 ans peut encore offrir une présence stable, une parole tenue et une forme de réconfort. En ce sens, la réponse est déjà là: Michel Rivard n’est jamais parti, il continue simplement d’être là, sur scène, au bon moment.

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