Lecture: Jean Francois Copé absent, Aurore Bergé défend le cinéma public à Cannes

Jean Francois Copé absent, Aurore Bergé défend le cinéma public à Cannes

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CANNES — est montée une nouvelle fois sur la scène du , lundi 18 mai, pour parler de backlash, de violences sexistes et sexuelles et d’un film qu’elle estime indispensable. Invitée pour la deuxième année consécutive par le festival, la ministre a pris la parole devant des professionnels du et d’.

Son message a été direct. Elle a dit que L’Abandon devrait être montré aux élèves de collège et de lycée, parce que le film raconte, selon elle, la suite de petites défaillances qui ont conduit au drame dans ses derniers jours. Elle a ajouté que ce film devrait aussi être vu par les Français « qui ont soif de vérité », dans un moment où, a-t-elle dit, la vérité devient parfois « une opinion comme une autre », alors qu’en démocratie elle ne l’est pas.

Au cœur de son intervention, Bergé a relié cette bataille culturelle à une question très concrète pour le secteur. Elle a averti que si le financement devenait plus difficile, le cinéma risquerait de montrer moins d’histoires sur les sujets d’égalité. Pour elle, le cinéma doit rester un levier qui interroge les représentations. « Le cinéma, il est politique », a-t-elle lancé, assumant un discours qui place les salles et les financements publics au centre du débat.

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Cette prise de parole s’inscrit dans le décor très particulier de Cannes, où les discours sur la création rencontrent ceux sur la place des femmes, la circulation des films et l’avenir du modèle français. Bergé a défendu un système qui, a-t-elle rappelé, repose sur un soutien public, avec des outils comme le CNC, et qui permet au cinéma français d’exprimer quelque chose d’unique. Elle a aussi défendu l’export des films français à travers le monde, qu’elle a présenté comme une part essentielle de ce modèle.

La tension, toutefois, tient à ce que Bergé décrit comme un reflux international sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes. Dans ce contexte, son plaidoyer pour un cinéma soutenu par l’argent public ne relève pas seulement d’une défense de la création. Il vise aussi à maintenir un espace où les récits sur la société française, ses violences et ses angles morts continuent d’exister, alors même que ces sujets deviennent plus contestés.

En revenant à Cannes pour la deuxième année d’affilée et en plaçant L’Abandon au centre de son intervention, Bergé a clairement dessiné la ligne qu’elle veut défendre en 2026: un cinéma français appuyé par la puissance publique, plus visible à l’étranger et moins timide sur les sujets qui fâchent. La question n’est plus de savoir si elle soutient ce modèle. C’est de savoir jusqu’où l’État voudra encore le porter.

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