Gérald Darmanin se rend lundi à Alger pour une visite de 24 heures au cours de laquelle il doit rencontrer son homologue algérien, Lotfi Boudjemâa. Le ministre français de la Justice veut remettre sur les rails, dès que possible, la coopération judiciaire entre la France et l’Algérie.
Le déplacement doit aussi être l’occasion d’évoquer l’affaire Christophe Gleizes, alors que Place Vendôme travaille depuis plusieurs semaines à la reprise des échanges entre les deux pays. Dans le sillage de ces efforts, Laureline Peyrefitte s’est rendue à plusieurs reprises à Alger pour préparer la reprise des relations judiciaires, un chantier que le ministère juge désormais prioritaire.
Darmanin ne fera pas ce voyage seul. Il est accompagné de Pascal Prache, procureur national financier, et de Vanessa Perret, procureure chargée de la lutte contre la criminalité organisée. Selon la source, c’est la première fois qu’une délégation de magistrats de ce niveau accompagne un ministre de la Justice en Algérie. Le message est clair: Paris veut montrer qu’il ne s’agit pas d’une simple visite protocolaire, mais d’une tentative d’accélérer un dossier resté trop longtemps en attente.
La Chancellerie estime que l’urgence est réelle, car le narcotrafic alimente chaque jour des violences qui frappent directement les deux rives. C’est dans ce climat que s’inscrit la mission de lundi, pensée comme une nouvelle étape dans l’effort engagé par Place Vendôme pour réparer une relation judiciaire abîmée et recréer un canal de travail concret avec Alger.
Reste à voir si cette séquence suffira à transformer l’intention politique en coopération effective. La présence simultanée du ministre et de plusieurs hauts magistrats donne à la visite un poids inhabituel, mais c’est au contenu des échanges de lundi que se mesurera la portée réelle du déplacement.

