Lecture: Dz Mafia : Paris et Alger accélèrent le rapprochement après des mois de crise

Dz Mafia : Paris et Alger accélèrent le rapprochement après des mois de crise

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La France et l’Algérie ont franchi cette semaine une nouvelle étape dans leur tentative de rapprochement, avec une série d’échanges de haut niveau qui s’enchaînent après des mois de crise. s’est rendue à Alger le 8 mai à la demande d’, puis elle et le président ont établi le 9 mai une feuille de route pour intensifier la coopération en matière de sécurité et de défense.

Le mouvement ne s’arrête pas là. doit se rendre lundi à Alger pour une visite express destinée à rétablir les relations judiciaires entre les deux pays, tandis que est attendu à Paris dans les prochains jours. Pour Laurent Nuñez, qui a visité l’Algérie à la mi-février, avant ce dégel récent, ce signal est clair: la coopération sécuritaire reprend progressivement.

Le poids politique de cette séquence tient aussi à ce qu’elle arrive juste après plusieurs gestes destinés à refermer la parenthèse la plus tendue. Stéphane Romatet a retrouvé son poste d’ambassadeur de France en Algérie le 8 mai, après avoir été rappelé à Paris en avril 2025 par le président français. Le 10 mai, Emmanuel Macron a reconnu publiquement que les derniers mois avaient « causé beaucoup de tort » aux deux pays et qu’il n’était « pas dans notre intérêt » de poursuivre dans cette direction, en visant aussi ceux qu’il a appelés « tous les mabouls ».

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La crise diplomatique a commencé à l’été 2024, après le soutien de Paris au plan d’autonomie marocain pour le . Elle s’est ensuite durcie avec l’arrestation, en novembre 2024, de l’écrivain franco-algérien , puis l’inculpation, en avril 2025, d’un agent consulaire algérien. Dans ce contexte, les visites récentes sont présentées comme un travail de déminage, dossier après dossier, pour remettre sur pied des canaux de confiance qui s’étaient presque effondrés.

Le geste d’Alice Rufo à Alger avait aussi une forte charge symbolique. Sa visite, faite à la demande de Macron, a été présentée comme une mission de mémoire liée aux massacres commis lors de la répression française de manifestations pro-indépendance à Sétif. Mais au-delà du souvenir, c’est surtout la mécanique concrète des relations bilatérales qui redémarre, avec la sécurité, la défense et la justice au centre. Les expulsions de personnes jugées dangereuses, longtemps bloquées, montrent déjà un début de changement: le nombre de laissez-passer consulaires est passé de zéro à quelques centaines.

Le prochain test sera simple à lire. Si Gérald Darmanin et Saïd Sayoud confirment à leur tour cette reprise des échanges, le rapprochement ne ressemblera plus à un simple apaisement de façade, mais à une remise en route méthodique d’un lien diplomatique abîmé pendant deux ans.

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