Lecture: Tf1 Info : sur le Léguer, la rivière sauvage se reconquiert pas à pas

Tf1 Info : sur le Léguer, la rivière sauvage se reconquiert pas à pas

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Sur le Léguer, la berge cède encore un peu sous les pelles, mais le cours d’eau continue de reprendre sa place. Aujourd’hui, une digue est en train d’être détruite pour rétablir la libre circulation des poissons et des sédiments, dans une rivière côtière de 60 kilomètres que ses défenseurs présentent comme l’un des plus beaux visages sauvages de Bretagne.

Le chantier du jour s’inscrit dans une histoire longue. Dans les années 1970 et 1980, le Léguer a subi plusieurs pollutions accidentelles, industrielles et agricoles, et des habitants se souviennent encore du lisier, de produits phytosanitaires et d’engrais qui tuaient les poissons. La rivière a aussi connu des obstacles à l’écoulement plus récents, comme un barrage hydroélectrique détruit il y a 30 ans pour améliorer la qualité de l’eau.

Ce qui frappe aujourd’hui, c’est le contraste avec ce passé abîmé. Depuis bientôt dix ans, le Léguer est labellisé rivière sauvage, un label qui accompagne le récit d’un cours d’eau encore très préservé en amont, où l’impact de l’homme sur l’environnement est quasi nul. Sur place, résume le sentiment des pêcheurs: « Quand on vient à la pêche ici, c'est un vrai bonheur ». Il ajoute qu’« on pêche une truite qui est difficile à prendre parce que 100% sauvage », avant de préciser que « c'est ça qui rend la pêche plus agréable, parce que plus dure, plus rare, plus exceptionnelle ».

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La qualité de l’eau ne repose pas sur un seul geste, mais sur une addition de mesures. Les collectivités locales ont incité une centaine d’agriculteurs à changer leur culture en bord de rivière. explique avoir remplacé le maïs par l’herbe. « Le bocage pour nous est essentiel », dit-il, en soulignant qu’il le maintient et replante des haies sur certaines parcelles en pente pour éviter le ruissellement vers les rivières. Cette saison, des agents de la collectivité plantent aussi des arbres sur un kilomètre de berges.

Pour , la santé du Léguer se lit jusque dans la vie qui l’entoure. « On peut considérer qu'une rivière est bonne à partir du moment où il y a des insectes, des mammifères piscivores, notamment la loutre », dit-il. Il raconte en avoir vu tout près, « une femelle avec deux loutrons », un spectacle qu’il décrit comme « magique ». Le responsable de ces opérations de restauration, , dit que l’objectif est de « retrouver une libre circulation des poissons et des sédiments tout le long du cours d'eau ».

Reste une tension familière à toutes les rivières que l’on dit sauvées: la beauté retrouvée tient à des interventions lourdes et coûteuses. Le programme porté par la collectivité avoisine le million d’euros tous les ans. , qui se souvient d’une époque moins surveillée, le dit autrement: « On en prenait moins soin, tout simplement ». Puis il énumère ce qui a disparu ou reculé, « du lisier qui était déversé », « ces produits phytos, ces engrais », qui « tuaient les poissons ». Aujourd’hui, ajoute-t-il, « il y a une maîtrise et cette rivière est vivante ».

C’est sans doute là que se joue le vrai test du Léguer: non pas dans son label, mais dans sa capacité à rester un cours d’eau vivant après les bulldozers, les plantations et les choix agricoles. Le chantier de la digue rappelle que la restauration n’est pas un état, mais un effort continu.

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