Lecture: Bateau abandonné : des marinas du Québec bloquées par des épaves

Bateau abandonné : des marinas du Québec bloquées par des épaves

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Des dizaines de bateaux rouillent depuis des années, parfois depuis des décennies, dans des marinas du Québec, et les exploitants disent être coincés avec ces épaves qui prennent la place des clients payants. À la , à Repentigny, une vingtaine d’embarcations tombant en ruine occupent près de 20 % de l’espace d’entreposage hivernal.

, qui a ouvert sa marina en 1986, dit avoir perdu 250 000 $ parce que les propriétaires n’ont pas payé l’entreposage. « J’en ai pour 250 000 $ de perdu parce que [les propriétaires] n’ont pas payé l’entreposage. [Pour certains], ça fait 10 ans qu’ils sont là, même 20 ans », a-t-il dit. Il va plus loin: « On est victimes là-dedans. On fait affaire avec des criminels. Ce sont des voleurs ! [...] On est pognés ».

Le phénomène ne se limite pas à Repentigny. À la , à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, une quinzaine de bateaux sont aussi laissés à l’abandon, et certains propriétaires y cumulent des dettes frôlant les 20 000 $. dit que la situation s’éternise: « On court après depuis des années ». Il décrit aussi le piège dans lequel les marinas se retrouvent quand elles veulent agir: « Tu as toujours la crainte que si tu fais quelque chose avec le bateau, le propriétaire va revenir contre toi en disant qu’il voulait s’en servir. »

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Le problème est répandu sur la Rive-Nord, la Rive-Sud, en Montérégie et au Bas-Saint-Laurent, où dit voir le même scénario jusqu’à Rivière-du-Loup. Le blocage est d’abord juridique: le droit de propriété subsiste aux yeux de la loi même si le bateau est abandonné depuis un an ou 25 ans. résume la situation ainsi: « On est menottés ». Et il ajoute: « On ne peut pas non plus les déplacer sans l’autorisation du propriétaire. »

Ni ni la police ne peuvent intervenir dans ce dossier, et les seuls recours passent par le droit civil québécois, avec des démarches qui peuvent coûter des dizaines de milliers de dollars. Même la destruction d’une embarcation délabrée revient à environ 3000 $, une somme souvent impossible à récupérer quand la valeur du bateau est déjà trop faible. Michel Sacco le dit sans détour: « C’est une façon assez commode de cesser de payer des frais d’entreposage. On fait des économies sur le dos du club nautique ». Tant que les propriétaires de marinas devront absorber seuls ces coûts, les bateaux abandonnés continueront de s’accumuler dans les quais du Québec.

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