Dans Obsession, Inde Navarrette incarne Nikki, une petite amie dont l’amour devient une arme après qu’un souhait tordu ait tout fait basculer. Le film d’horreur de Curry Barker, déjà en salles, repose sur une idée de mauvais génie: Bear, joué par Michael Johnston, utilise un mystérieux objet appelé One Wish Willow pour demander que Nikki l’aime plus que quiconque au monde.
Le vœu déclenche quelque chose en elle. Nikki devient dévouée jusqu’à l’excès, prête à des comportements terrifiants pour éloigner tout le monde de Bear. À 25 ans, Navarrette parle de ce rôle comme d’un virage qu’elle a voulu saisir sans hésiter. « J’ai l’impression que c’est juste un petit moi, moi-même et moi. Un petit secret », a-t-elle dit à propos de cette interprétation plus sombre, avant d’ajouter qu’elle le ferait « pour le reste de ma vie » parce que c’est, selon elle, « le meilleur ».
L’actrice, née à Tucson, en Arizona, a grandi en bougeant à travers le pays au rythme des affectations de son père, Marine. Avant Obsession, elle s’était fait connaître dans 13 Reasons Why, Superman & Lois et le film d’action Trap House, avec Dave Bautista. Ici, elle a voulu aller ailleurs. « J’ai voulu essayer quelque chose de nouveau et ce projet n’était que du nouveau », a-t-elle dit, résumant un rôle qu’elle décrit comme contenant « six personnages différents dans une seule personne ».
C’est cette fracture intérieure qui donne au film son nerf. Obsession n’est pas seulement une histoire de possession ou de désir déformé; c’est aussi, pour Navarrette, « une trahison terrifiante de quelqu’un qui est censé vous aimer et vous protéger ». Elle dit avoir voulu que tout paraisse « déchirant, réel, brut et vulnérable », un équilibre délicat pour un personnage qui doit passer de l’attachement au danger sans perdre sa crédibilité. Cette exigence explique aussi pourquoi la performance est déjà présentée comme une percée potentielle pour l’actrice.
Le récit garde pourtant une gêne supplémentaire: Navarrette affirme qu’elle ne veut plus jamais revoir une scène plongée dans l’ombre après en avoir aperçu un fragment sur un moniteur. Le détail dit quelque chose de la méthode du film autant que de son effet. Dans une production construite sur une mécanique de vœu maudit, le malaise ne vient pas seulement du monstre ou de l’objet, mais de la manière dont l’amour lui-même est retourné contre les personnages. Pour ceux qui veulent aller plus loin, un décryptage du final de Obsession est aussi disponible dans cet article sur le film de Curry Barker, tandis qu’une autre analyse revient sur le terrain inquiétant exploré par Michael Johnston dans le même film.
Ce qui compte désormais, c’est que Navarrette a trouvé dans Obsession un rôle qui fait plus que l’exposer à l’écran: il la place au centre d’un film qui repose sur sa capacité à rendre crédible l’invisible, puis l’effrayant. Et elle dit clairement qu’elle aime ça. « Parfois, votre performance est pour les autres. Je n’ai pas besoin de le vivre, parce que je pense que c’est une chose si effrayante que d’avoir peur de soi-même », a-t-elle dit. Dans Obsession, c’est précisément cette peur-là qui fait tenir le film.

