Cannes a projeté samedi 16 mai 2026 Mémoire de fille, le film que Judith Godrèche a tiré de l’un des livres autobiographiques d’Annie Ernaux. La romancière, prix Nobel de littérature 2022, était sur scène avec l’équipe du film pour cette projection organisée dans une section parallèle du festival.
Le film revient sur août 1958, quand la jeune Annie, alors âgée de 17 ans, quitte la maison familiale d’Yvetot et l’épicerie de ses parents pour travailler comme monitrice de colonie de vacances. C’est là qu’elle vit sa première relation sexuelle, marquée par la violence. Godrèche a résumé cette matière au plus près du film avec une formule nette: « La violence, c’est ce qui veut faire de nous des objets. Face à cela, notre pouvoir est de nous battre pour pouvoir exister en tant que sujets libres ».
La cinéaste a aussi dit avoir voulu rendre sensible ce que les livres d’Ernaux donnent à voir, à entendre et à sentir: « C’est cela que racontent vos livres, Annie et cela que j’ai essayé de donner à voir, à entendre, à sentir, que je veux faire exister dans ce film ». Le rôle d’Annie est tenu par Tess Barthélémy, la fille de Judith Godrèche, présente dans presque toutes les scènes. Le film est d’ailleurs dédié à Annie Ernaux.
La projection intervient alors que la présence de Travolta a aussi marqué Cannes cette semaine. L’acteur a reçu vendredi un prix d’honneur surprise et était venu présenter son premier film comme réalisateur, Vol de nuit pour Los Angeles, retenu pour Cannes Première. Il a raconté qu’en novembre dernier, quand Thierry Frémaux lui a appris la sélection, il avait « pleuré comme un bébé », avant d’ajouter: « Je n’avais aucun espoir que mon film serait accepté ».
Pour Travolta, Cannes reste un lieu chargé d’histoire, lui dont Pulp Fiction a remporté la Palme d’or en 1994. Pour Ernaux, la séance de samedi a surtout remis au centre une scène fondatrice de son œuvre: celle d’une adolescente de 17 ans confrontée à la violence et à la mémoire de ce qu’elle lui a laissé.

