Scott Hastings est mort plus tôt aujourd’hui, dimanche 17 mai, à l’âge de 61 ans. Scottish Rugby a annoncé la nouvelle dans la journée, et le rugby écossais perd l’un de ses centres les plus marquants, encore cité comme le plus capé de l’histoire du pays à ce poste chez les hommes.
Hastings a porté le maillot de l’Écosse à 65 reprises en 11 ans, un record au moment de sa carrière. Il a aussi représenté les British & Irish Lions à 12 reprises sur deux tournées, et joué 13 matchs pour les Barbarians. À Édimbourg, il a défendu le maillot avec distinction, une réputation qui a largement dépassé les frontières du rugby écossais.
Pour Sir Ian McGeechan, cette mort touche aussi une génération entière de joueurs et d’entraîneurs qui ont grandi avec Hastings. L’ancien sélectionneur a rappelé que Scott et Gavin Hastings étaient entrés dans le groupe d’Écosse au même moment que lui, et qu’ils avaient « grandi ensemble ». McGeechan a aussi retenu un joueur « totalement déterminé à gagner » lors des tournées des Lions, avant de souligner qu’en 1990, face à Jerry Guscott dans le Grand Chelem contre l’Angleterre, Hastings n’avait « rien concédé ».
Le souvenir sportif le plus net reste ce Grand Chelem de 1990. Gregor Townsend a décrit Hastings comme une figure emblématique du rugby écossais à la fin des années 1980 et au début des années 1990, et a dit que sa défense ce jour-là avait été « cruciale » dans la victoire contre l’Angleterre. Townsend a ajouté que, comme beaucoup d’écoliers écossais à l’époque, il voulait imiter sa manière d’attaquer le jeu et de mettre l’adversaire sous pression. Il a aussi rappelé qu’en 1996, Hastings avait aidé l’Écosse à frôler un autre succès dans un match de Grand Chelem à Murrayfield.
La carrière de Hastings ne s’est pas arrêtée au terrain. Townsend a souligné qu’il était ensuite devenu un commentateur respecté et souvent sollicité, connu pour son énergie et sa manière d’aborder le jeu avec optimisme. Kenny Logan a, lui, raconté avoir travaillé étroitement avec lui au lancement de la My Name’5 Doddie Foundation après le diagnostic de Doddie Weir, disant que Hastings en était le président et que son rôle ne se limitait pas à l’image publique. Selon Logan, il était très compétent, prêt à se rendre utile et toujours disposé à prendre sa part.
Sa mort laisse donc plus qu’un vide statistique. Hastings avait les chiffres, le prestige et la réputation d’un grand nom du rugby écossais, mais aussi cette capacité rare à rester présent après sa carrière, dans les vestiaires, les émissions et les causes qui comptaient. Le rugby écossais doit maintenant faire sans une voix qui incarnait encore, jusqu’à aujourd’hui, une certaine idée du maillot bleu marine.

