Lecture: Mark Carney et Danielle Smith scellent un compromis carbone lié à un pipeline

Mark Carney et Danielle Smith scellent un compromis carbone lié à un pipeline

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a déclaré vendredi que son plus récent accord sur un pipeline avec le premier ministre pourrait apporter des « avantages économiques potentiels », alors qu’Alberta et le gouvernement fédéral se sont engagés à verser jusqu’à 1,2 milliard de dollars pour soutenir un régime carbone plus strict. Le coût sera partagé à parts égales entre les deux gouvernements.

L’entente prévoit que l’Alberta relèvera sa taxe industrielle sur le carbone à 130 $ la tonne d’ici 2040, avec des paiements compensatoires financés par la province et Ottawa au moyen de contrats sur différence carbone. Ces paiements sont plafonnés à 1,2 milliard de dollars ou à 75 mégatonnes, selon le premier seuil atteint.

L’accord comprend aussi un projet de captage et de stockage du carbone de 20 milliards de dollars, un ajout destiné à rendre plus acceptable un compromis qui lie désormais directement la politique climatique à une nouvelle promesse énergétique. Mark Carney a dit qu’il appuierait la construction d’un nouveau pipeline pétrolier vers la côte Ouest, ce qui donne à l’entente une portée bien au-delà d’un simple ajustement réglementaire.

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Le contexte remonte à 2007, quand l’Alberta a commencé à obliger les grandes entreprises à payer des taxes industrielles sur le carbone dans le cadre de son système réglementaire , ou TIER. Aujourd’hui, la taxe actuelle est de 95 $ la tonne, tandis que les crédits TIER se négocient autour de 40 $ la tonne, un écart qui reflète en partie une offre excédentaire de crédits et a alimenté les critiques de l’industrie. Le secteur des sables bitumineux soutient depuis longtemps que des taxes plus élevées rendraient la production moins concurrentielle face à d’autres producteurs.

La tension dans ce dossier tient à ce que la province promet jusqu’à 600 millions de dollars pour amortir le choc pour les grands émetteurs, tout en acceptant un relèvement notable du prix du carbone. Le compromis de novembre 2025, présenté comme une tentative majeure de réparer une relation fracturée entre l’Alberta et Ottawa, repose donc sur une équation fragile: plus de rigueur climatique, mais aussi plus d’argent public, pour ouvrir la porte à un pipeline que Smith présente comme porteur de gains économiques.

La vraie question, désormais, est de savoir si ce pacte peut tenir à la fois devant les défenseurs du climat, qui verront dans les compensations un renoncement, et devant l’industrie, qui voit déjà une facture plus lourde s’annoncer.

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