Lecture: L'effet Lara à TVA : cinq artistes québécois chez Lara Fabian en Sicile

L'effet Lara à TVA : cinq artistes québécois chez Lara Fabian en Sicile

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Dimanche soir, L’effet Lara ramène à la télévision avec une formule qui mêle chant, confidences et observations sans filtre. En Sicile, en Italie, elle reçoit chez elle cinq artistes du Québec: , , , Ève Côté et Alex Nevsky.

Le rendez-vous, diffusé à TVA, repose sur un principe simple: faire chanter, respirer et parler les invités jusqu’à ce que révèle ce que les mots cachent. , le coach vocal de l’émission, se charge des diagnostics rapides, parfois crus, sur chacun d’eux. Il dit que Christian Bégin a le frein de langue trop court. Nathalie Simard est, selon lui, toute pognée de la mâchoire. Mélissa Bédard serait déshydratée et aurait des problèmes de reflux gastriques. Ève Côté présenterait une partie de la langue hypertonique. Et Alex Nevsky aurait de gros problèmes d’hypotonie des muscles du bas du visage.

Ce qui frappe, c’est que l’émission ne se limite pas à distribuer des remarques techniques. Elle s’attarde aussi à des gestes très concrets, presque intimes, qui disent beaucoup sur le travail de détente et de contrôle imposé aux invités. Nathalie Simard se masse la langue avec un gant en latex. Christian Bégin chante sur un pied, la tête dans le vide. Puis Nathalie pleure après avoir libéré des tensions dans sa mâchoire. L’effet recherché n’est pas seulement spectaculaire: il fait apparaître, en direct, la fragilité de voix que le public croit pourtant connaître depuis longtemps.

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Cette visite en Sicile s’inscrit dans un parcours télévisuel déjà bien installé pour Fabian, présentée depuis des années comme une coach de chant hors pair, connue aussi de La Voix, de Star Académie et du , où elle a été juge cette année-là. Ici, le concept élargit encore le champ des invités, présentés comme venant de milieux artistiques variés et pas seulement de la chanson. Ce mélange donne à l’émission une couleur particulière: on n’y teste pas seulement des performances, on observe comment des personnalités très différentes abordent l’exposition de leur voix.

Le moment le plus révélateur arrive peut-être quand Mélissa Bédard confie traîner une gêne liée au fait de ne pas avoir poursuivi d’études, parce qu’elle est devenue maman jeune et que sa carrière a démarré rapidement. Le mot qu’elle emploie, “jeune”, dit à lui seul le nœud de cette confidence: une trajectoire accélérée, des choix imposés tôt, et un regret qui ne relève pas du pathos mais d’un bilan personnel très simple. Dans la foulée, Mélissa Bédard et Nathalie Simard semblent même avoir abandonné leur ascension de l’Etna avant que le reste du groupe ne les voie revenir, comme si l’émission rappelait aussi que l’effort compte autant que le résultat.

Au fond, L’effet Lara réussit parce qu’il ne cherche pas à masquer ce qu’un passage à la télévision peut avoir de brut. En faisant entrer cinq artistes québécois chez Lara Fabian, en Sicile, puis en laissant Fabio Lazzara nommer sans détour les blocages, la série montre que la voix n’est jamais seulement une affaire de notes. C’est aussi une affaire de corps, de fatigue, de mémoire et de parcours. Dimanche soir, c’est cette vérité-là que TVA met au premier plan.

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