Generation Z est déjà partout dans les conversations sur le travail, mais souvent pour les mauvaises raisons. Dans les titres, sur les réseaux sociaux et jusque dans les réunions de direction, les jeunes de cette cohorte sont décrits comme paresseux, sobres à l’excès, rivés à leurs écrans et plus engagés pour la durabilité que n’importe quelle génération avant eux. Le problème, dit le texte, est qu’en enfermant toute une génération dans ces raccourcis, on finit par confondre un cliché avec une réalité.
Cette simplification a des conséquences concrètes. Plus d’un quart des dirigeants disent qu’ils n’envisageraient pas d’embaucher un jeune diplômé parce qu’ils estiment qu’il manque de compétences relationnelles. Or Generation Z représentera près d’un tiers de la main-d’œuvre d’ici 2030. Autrement dit, les biais qui circulent aujourd’hui ne concernent pas une niche appelée à disparaître, mais une part croissante du marché du travail.
Le raisonnement est ancien. Dans les années 1950, l’US Air Force a redessiné ses cockpits pour les adapter à la taille moyenne de ses pilotes. Des chercheurs ont mesuré des milliers de pilotes pour établir cette moyenne. Le résultat semblait rationnel. Il était surtout trompeur: aucun pilote ne correspondait exactement à la taille calculée. Le texte s’appuie sur cet exemple pour montrer qu’une moyenne peut être utile sur le papier, mais qu’elle échoue dès qu’il s’agit de personnes réelles.
Le même piège, affirme l’article, s’est installé autour de Generation Z. Des généralités sont devenues si courantes qu’elles influencent non seulement l’embauche, mais aussi les décisions sur les produits et les campagnes marketing. En 2024, Bumble a ainsi lancé une campagne qui jouait sur le stéréotype d’une génération presque asexuelle. Ce n’est pas un cas isolé: quand les décideurs raisonnent à partir d’une image simplifiée, ils risquent de concevoir pour une version imaginaire du public, pas pour les personnes qui le composent vraiment.
Le texte ne dit pas seulement que ces clichés sont injustes. Il dit qu’ils sont inefficaces. Les dirigeants, conclut-il, devraient voir Generation Z — comme toute autre génération — comme un ensemble de microgroupes, pas comme une masse uniforme. C’est la seule façon de recruter, de vendre et de décider sans écarter des talents au nom d’une caricature.

