Lecture: Croatie Eurovision 2026 : Lelek arrive à Vienne avec Andromeda

Croatie Eurovision 2026 : Lelek arrive à Vienne avec Andromeda

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Le groupe ethno-pop croate montera mardi sur la scène de la Wiener Stadthalle, à Vienne, pour la première demi-finale de l’Eurovision, avec l’espoir d’arracher l’une des dix places qualificatives pour la finale de samedi. Les cinq artistes présenteront Andromeda, un titre qui mêle racines folkloriques balkaniques et mise en scène marquée par de faux tatouages sur le visage et les bras.

Ce détail vestimentaire a suscité des réactions dans plusieurs médias turcs, qui y ont vu une offense et un message de hostilité historique envers l’Empire ottoman. Pour Lelek, ces tatouages renvoient au sicanje, une pratique traditionnelle portée par de jeunes catholiques en Croatie et en Bosnie-Herzégovine pendant la période de domination ottomane. La formation résume d’ailleurs sa chanson comme une histoire de « la peur, la douleur et la résilience transmises de mère en fille ».

, membre du groupe, a défendu ce choix sans détour: « Nos mères n’ont pas enfanté des esclaves ». Elle a ajouté: « Les femmes se faisaient tatouer pour échapper à l’esclavage. Elles marquaient leur identité sur leur corps pour toujours […]. Ces tatouages font partie de notre culture et de notre histoire ». Le passage à Vienne place ainsi Lelek au centre d’un concours qui, au-delà de la compétition, expose aussi des références culturelles capables d’être lues très différemment selon les pays.

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Lelek s’inscrit dans une tradition plus large où le sicanje a déjà été interprété comme déclaration de foi chrétienne, marque d’endurance face à la douleur, ornement, ou encore protection contre les mariages forcés et les conversions forcées à l’islam. En 2022, un article de rappelait déjà que ces tatouages symbolisaient aussi la protection de l’héritage catholique face aux colonisations répétées. Avec Andromeda, dont le titre renvoie à la mythologie grecque et à la force des femmes sacrifiées, Lelek mise sur une lecture culturelle assumée plutôt que sur l’évitement de la polémique.

La question pour mardi est simple: ce récit porté par cinq artistes suffira-t-il à convaincre le public et les jurés d’ouvrir la porte de la finale, samedi, à une proposition qui assume pleinement son histoire ?

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