Un fraudeur de Saint-Jérôme a aidé à dépouiller une trentaine de personnes âgées au Québec dans une arnaque au faux proche incarcéré qui a rapporté 41 000 $ en un mois. Cette semaine, Charles Roy Trudel, 29 ans, a écopé de deux ans d’incarcération, dont 11 mois crédités pour sa détention préventive, tandis que Matthew Pelletier, 28 ans, tentait pour sa part d’obtenir une sortie de prison après avoir purgé un peu plus du quart de sa peine de 15 mois.
Le stratagème reposait sur l’urgence. Les fraudeurs téléphonaient à des aînés en se faisant passer d’abord pour un proche derrière les barreaux, puis pour un avocat, et soutenaient qu’une aide financière immédiate était nécessaire pour obtenir la remise en liberté après une arrestation. Le Centre antifraude du Canada décrit ce type de méthode comme une série de pressions destinées à pousser la victime à agir tout de suite, avant qu’il ne soit trop tard, misant sur le sentiment d’urgence.
Dans le cas de Pelletier, les fraudeurs ont dit qu’il y avait eu un accident de voiture et qu’une femme enceinte avait été blessée. Les appels visaient à faire croire aux victimes qu’un petit-fils était en prison et qu’il fallait payer sans délai pour le sortir de là. Quand une personne acceptait, un complice se présentait au domicile pour récupérer l’argent, ce qui donnait à l’arnaque un vernis de proximité presque banal, au moment même où les victimes perdaient parfois le peu qu’elles avaient mis de côté.
Matthew Pelletier a dit au tribunal qu’il n’avait agi que comme chauffeur et qu’il croyait participer à un trafic de drogue plutôt qu’à une fraude. La Commission québécoise des libérations conditionnelles a rejeté sa demande de sorties préparatoires. Elle a aussi rappelé que ses gestes avaient contribué à ce que des personnes âgées soient dépouillées de leurs économies et que son processus réflexif devait se poursuivre avant d’envisager un retour graduel et sécuritaire dans la communauté.
Le dossier s’inscrit dans une fraude classique de type grand-parent, ciblant des seniors parce qu’ils peuvent être davantage vulnérables à l’appel d’un proche supposément en détresse. La Commission a estimé que les conséquences avaient été dévastatrices pour les victimes, leurs familles et la collectivité. Au-delà des 30 victimes et des 41 000 $ volés, c’est la mécanique elle-même qui ressort: une pression rapide, une histoire crédible, puis une collecte à domicile, assez simple pour frapper vite et assez souple pour se répéter.
Le jugement de cette semaine ferme un chapitre, mais il laisse intacte la question la plus concrète pour les aînés visés par ce genre de fraude: comment reconnaître à temps l’appel qui ressemble à un drame familial et qui, en réalité, n’est qu’une demande d’argent bâtie pour empêcher toute vérification.
