Le FBI a annoncé jeudi 14 mai qu’il offrirait une récompense de 200.000 dollars pour toute information menant à l’arrestation de Monica Elfriede Witt, une ancienne membre de l’US Air Force que les autorités américaines recherchent depuis plus de sept ans. Le dossier reste l’un des plus sensibles du contre-espionnage américain, car les enquêteurs disent qu’elle a transmis à l’Iran des informations liées à la sécurité des États-Unis.
Witt a commencé sa carrière dans l’US Air Force en 1997. Entre 2003 et 2008, ses affectations l’ont régulièrement conduite au Moyen-Orient, où elle s’est spécialisée dans le contre-espionnage. Après avoir quitté l’armée de l’air, elle a continué à travailler pour l’armée américaine, avant de faire défection en 2013 vers les autorités iraniennes.
Les services de renseignement américains l’ont soupçonnée d’espionnage après cette défection. Les enquêteurs ont conclu qu’elle avait conspiré hors des États-Unis, notamment en Iran, en fournissant des documents et des informations liés à la sécurité américaine. Le FBI affirme qu’elle a révélé l’existence d’« un programme de collecte d’informations hautement classifiées » à Téhéran et qu’elle a aussi livré l’identité d’un espion américain, mettant cette personne en danger de mort.
Selon le FBI, l’Iran lui a fourni après sa défection « un logement et un équipement d’ordinateur ». En 2019, elle a été inculpée pour espionnage au profit du régime iranien. L’agence estime qu’elle pourrait encore vivre en Iran et qu’elle pourrait continuer à « soutenir les activités malfaisantes » de Téhéran.
Le timing de l’annonce n’est pas anodin. Witt est décrite comme l’une des personnes les plus recherchées par le FBI, et son cas prend une résonance particulière alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a ravivé l’intérêt pour son arrestation. Sa trahison est jugée d’autant plus grave qu’elle connaissait de l’intérieur le fonctionnement des services secrets américains.
Son dossier ne se limite pas à elle seule. Quatre Iraniens ont également été accusés avec Witt d’avoir mené une campagne de cyberattaque contre des espions américains, un volet qui montre jusqu’où l’affaire s’étend et pourquoi Washington continue d’en faire une priorité. Sept ans après l’émission du mandat, la question n’est plus seulement de savoir où elle se trouve, mais si les États-Unis peuvent encore espérer la faire revenir devant la justice.
