Le Federal Bureau Of Investigation offre désormais 200 000 dollars pour toute information menant à l’arrestation et à la condamnation de Monica Elfriede Witt, ancienne spécialiste du contre-espionnage de l’US Air Force accusée d’espionnage après avoir fait défection vers l’Iran en 2013. Elle reste en fuite, et le FBI veut visiblement remettre son nom au centre d’un dossier qui remonte à plus d’une décennie.
L’annonce a été faite mercredi 13 mai 2026, dans un dossier où les enquêteurs disent que Witt, 47 ans, a transmis des informations liées à la défense nationale au gouvernement iranien. Un grand jury fédéral l’a inculpée en février 2019, mais elle n’a jamais été retrouvée. Le prix offert par le FBI place désormais une valeur précise sur une affaire que les autorités n’ont pas refermée.
Le poids de cette affaire tient à la trajectoire de Witt elle-même. Elle a servi dans l’US Air Force de 1997 à 2008, a été formée au farsi et a été déployée à l’étranger dans le cadre de missions classifiées de contre-espionnage, y compris au Moyen-Orient. Plus tard, elle a travaillé comme sous-traitante pour le département de la Défense. Pour le Bureau, ce parcours fait d’elle bien plus qu’une fugitive ordinaire: une ancienne spécialiste qui connaissait de l’intérieur les rouages qu’elle est aujourd’hui accusée d’avoir exposés.
Le ministère de la Justice affirme que Witt a quitté les États-Unis après avoir été invitée à deux conférences tous frais payés en Iran, présentées comme des tribunes contre l’Occident et la morale américaine. Avant sa défection, le FBI l’avait avertie au sujet de ses activités, selon les procureurs. Ces éléments donnent à l’affaire une chronologie précise: contact, mise en garde, départ, puis inculpation pour espionnage en février 2019. L’acte d’accusation dit qu’elle a mis en danger des informations et programmes sensibles et classifiés de la défense nationale des États-Unis.
Le Bureau va plus loin. Il affirme que Witt a intentionnellement livré des renseignements mettant en danger du personnel américain et leurs familles stationnés à l’étranger, et qu’elle a aussi mené des recherches pour le compte du régime iranien afin de permettre à Téhéran de cibler d’anciens collègues au sein du gouvernement américain. Daniel Wierzbicki, du FBI, a déclaré qu’elle avait « prétendument trahi son serment envers la Constitution il y a plus d’une décennie en faisant défection vers l’Iran et en fournissant au régime iranien des informations de défense nationale, et qu’elle continuait probablement à soutenir leurs activités néfastes ». Il a ajouté que le FBI « n’a pas oublié » et pense que, « pendant ce moment critique dans l’histoire de l’Iran, quelqu’un sait quelque chose sur l’endroit où elle se trouve ».
Ce dossier reste d’autant plus sensible que les tensions entre Washington et Téhéran traversent toute l’affaire, et que la biographie de Witt mêle formation, accès et disparition. Le FBI n’a pas seulement besoin d’un visage sur un avis de recherche; il veut encore une piste exploitable sur une femme qu’il considère comme capable de nuire à distance, depuis l’Iran ou ailleurs. Pour l’instant, la question n’est pas seulement de savoir où se trouve Monica Elfriede Witt. C’est de savoir si quelqu’un, quelque part, acceptera enfin de parler.

